Baromètre d’intentions de vote pour l’élection présidentielle de 2022 – Vague 39

Enquête Harris Interactive x Toluna pour Challenges

Enquête réalisée en ligne du 25 au 28 mars 2022. Échantillon de 2 384 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, dont 2035 personnes inscrites sur les listes électorales. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle, région et comportement électoral antérieur de l’interviewé(e).

 

Paris, le 30 mars,

 

 

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Que retenir de cette nouvelle vague d’enquête ?

 

  • A 2 semaines du 1er tour de l’élection présidentielle, et alors que s’ouvre la campagne officielle pour l’élection présidentielle, Emmanuel Macron arriverait toujours en tête du scrutin au 1er tour, avec 28,5% d’intentions de vote (-1). Le Président sortant revient à son niveau mesuré juste après le début de la guerre en Ukraine et dispose de 7,5 points d’avance au 1er tour sur Marine Le Pen (21%, +1,5). La candidate du Rassemblement National continue sa progression amorcée depuis plus d’un mois, réduisant l’écart mesuré entre les deux candidats finalistes de l’élection présidentielle 2017, et dépassant la barre des 20% d’intentions de vote pour la première fois depuis le mois de septembre.
  • Suivant une progression similaire dans les intentions de vote à celle de l’ex-présidente du RN, Jean-Luc Mélenchon recueille pour la première fois 15% d’intentions de vote (+1). Comme lors de la précédente élection en 2017, le leader de la France Insoumise semble s’imposer comme le centre de gravité du « vote utile » à gauche : il réussit à la fois à remobiliser son électorat d’il y a 5 ans (désormais 66% revoteraient pour lui, soit 10 points de plus en trois semaines) et à attirer davantage les ex-Hamonistes (29%, +8 points sur la même période).  Ainsi, depuis plusieurs semaines, à gauche, seul Jean-Luc Mélenchon connait une progression des intentions de vote en sa faveur. Cette semaine Yannick Jadot se maintient toujours à 5% d’intentions de vote (stable pour la 6ème semaine consécutive), devant Fabien Roussel (3%, stable), et Anne Hidalgo (2,5%, stable).
  • Dans le même temps, et au lendemain de son meeting au Trocadéro, Éric Zemmour recule à 10% d’intentions de vote (-1), au plus bas niveau dans les intentions de vote depuis le début de cette mesure (dans la configuration où Valérie Pécresse est la candidate des Républicains). L’ancien chroniqueur devance toujours la candidate des Républicains qui passe pour la 1ère fois sous la barre des 10% d’intentions de vote (9,5%, -0,5). Moins de la moitié des électeurs de François Fillon en 2017 exprimant une intention de vote pour le 1er tour choisiraient cette semaine de voter pour la candidate LR (46%).
  • Comme lors des précédentes vagues d’enquête, nous avons testé plusieurs hypothèses de 2nd tour :
    • Dans le cas d’un duel identique au 2nd tour de l’élection présidentielle de 2017, le plus probable à l’heure actuelle, l’issue du scrutin apparait plus disputée que ces dernières semaines. Le Président sortant l’emporterait toujours, avec 54% (-3) des voix contre 46% (+3) pour Marine Le Pen, mais avec une avance moindre. Ce rapprochement des scores des deux finalistes s’explique par une démobilisation de la gauche face à cette perspective de duel de 2nd tour : 46% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon au 1er tour (+3 points en une semaine), 40% des électeurs de Yannick Jadot (+10) et 35% des électeurs d’Anne Hidalgo (+7) n’expriment pas d’intention de vote dans cette configuration. Notons que Marine Le Pen bénéficierait également de meilleurs reports des autres candidats de droite : 29% des électeurs de Valérie Pécresse (+3 en deux semaines) et 81% des électeurs d’Éric Zemmour (+4) choisiraient désormais de voter pour elle au 2nd tour.
    • Emmanuel Macron l’emporterait également avec un écart conséquent face à Jean-Luc Mélenchon avec 61% des voix exprimées contre 39% pour le leader de la France insoumise, même si cet écart se réduit également légèrement sur les 3 dernières semaines (-6 points pour Emmanuel Macron).
    • Opposé à ses autres concurrents, Emmanuel Macron l’emporterait à l’heure actuelle avec 2/3 des suffrages exprimés, s’il s’agissait d’Éric Zemmour (67% contre 33%), ou de Valérie Pécresse (67% contre 33%).

 

A 2 semaines du 1er tour, plus de 6 Français sur 10 (62%, +1) estiment toujours qu’Emmanuel Macron sera réélu pour un second mandat. Au-delà des évolutions dans les intentions de vote, la perspective d’une réélection du Président sortant est toujours très nette dans l’esprit des Français. Cette semaine seuls les électeurs de Marine Le Pen et d’Éric Zemmour croient davantage en la victoire de leur candidat qu’en la réélection d’Emmanuel Macron.

  • Alors que la moitié des candidats atteignent ou dépassent aujourd’hui la barre des 5% d’intentions de vote, 2/3 des Français (67%) se positionnent en faveur de la règle électorale actuelle qui permet aux candidats ayant atteint au moins 5% des suffrages exprimés d’être intégralement remboursés de leurs frais de campagne (sous certaines conditions), contre 30% souhaitant que tous les candidats soient remboursés de leurs frais de campagne, quel que soit le score qu’ils atteignent. Cette opinion traverse toutes les familles politiques, avec une prime parmi les proches du centre et de la droite.
  • Cette enquête interrogeait également les Français sur leur perception de cette campagne présidentielle 2022, alors que nous entrons dans les deux dernières semaines et le début de la campagne officielle, 70% des Français inscrits sur les listes électorales considèrent que cette campagne 2022 est « décevante » et 65% « ratée ». Si cette perception est sévère, elle doit être relativisée au regard des niveaux mesurés en fin de campagne en 2017 : à un peu moins de deux semaines du 1er tour il y a 5 ans la grande majorité du corps électoral trouvait déjà la campagne « décevante » (80%) et ratée (76%). Un peu plus de la moitié des Français inscrits sur les listes électorales estiment par ailleurs que cette campagne de 2022 est « utile » (56% contre 38% en 2017), et beaucoup plus «  semblable aux autres campagnes » (50% contre 29% en 2017, qui avait notamment vu l’émergence puis l’élection d’un Président de la République qui n’avait jamais été élu auparavant). Logiquement, seulement une minorité trouve cette campagne de 2022 « intéressante » (38%) ou « enthousiasmante » (25%, contre 12% il y a 5 ans).
  • Si le jugement sur la campagne est sévère (bien que moins fortement qu’en 2017, alors qu’une partie de cette séquence avait été cannibalisée par « l’affaire Fillon »), 6 Français sur 10 inscrits sur les listes électorales estiment par ailleurs que cette campagne leur aura permis de se faire une idée sur les candidats (59% contre 56% deux semaines avant l’élection présidentielle de 2017), et un peu moins de la moitié d’entre eux qu’elle leur aura permis de se faire une idée sur les programmes (48% contre seulement 38% en 2017) et qu’elle les a aidés à se décider concernant leur choix de vote au 1er tour (44%). 1/3 d’entre eux seulement considèrent néanmoins que cette campagne a permis d’aborder les problèmes qui les préoccupaient personnellement (34% contre 21% en 2017), qu’elle a permis aux candidats de bien savoir ce qu’attendaient les Français (33%), et qu’elle a permis de débattre des solutions aux problèmes rencontrés par les Français (31%), et 1/4 seulement qu’elle les a rendu plus optimistes concernant l’avenir de la France (24%).

 

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