Baromètre d’intentions de vote pour l’élection présidentielle de 2022 – Vague 31

Enquête Harris Interactive pour Challenges

Enquête réalisée en ligne du 28 au 31 janvier 2022 (en grande partie avant l’annonce des résultats de
la Primaire populaire). Échantillon de 2562 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, dont 2141 personnes inscrites sur les listes électorales. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle, région et comportement électoral antérieur de l’interviewé(e).

 

Paris, le 2 février,

 

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Que retenir de cette nouvelle vague d’enquête ?

  • A un peu plus de 2 mois du 1er tour de l’élection présidentielle, les intentions de vote sont relativement stables. Emmanuel Macron arriverait toujours en tête du 1er tour, avec 24% des intentions de vote exprimées. Les attitudes potentielles à l’égard de Marine Le Pen (17%) et Valérie Pécresse (15%) et Éric Zemmour (14%) sont également inchangées. En dépit des ralliements et des attitudes potentielles de Marion Maréchal, on ne voit pas de mouvements d’opinion à l’égard des candidats les plus à droite sur l’échiquier politique.

 

  • A gauche, alors que la « Primaire populaire » a rendu son verdict et proclamé Christiane Taubira vainqueure, celle-ci recueillerait 5% des intentions de vote exprimées (stable) et se placerait juste derrière Yannick Jadot (6%, +1) et devant Anne Hidalgo (2%) qui perd 1 point cette semaine. L’enquête ayant été réalisée en majeure partie avant l’annonce des résultats de la « Primaire populaire », elle ne peut pas affirmer d’une dynamique ou d’absence de celle-ci de l’ancienne Garde des Sceaux. Jean-Luc Mélenchon, de son côté continue sa course en tête à gauche avec 11% d’intentions de vote (+1). Notons que la situation de ce côté de l’échiquier semble toujours aussi indécise, avec des candidats de la gauche se disputant les voix des électeurs de Benoit Hamon en 2017 : si Jean-Luc Mélenchon ne recueillerait que 11% des voix des électeurs de l’ancien ministre socialiste, celles-ci se répartissent dans des proportions égales entre Christiane Taubira (19%), Yannick Jadot (18%) et Anne Hidalgo (14%).

 

  • Comme les semaines précédentes nous avons testé plusieurs hypothèses de second tour.
    • Dans le cas d’un duel similaire au 2nd tour de l’élection présidentielle 2017, le Président sortant l’emporterait avec 55% des voix contre 45% pour Marine Le Pen (un écart semblable à celui mesuré depuis les premières mesures de ce baromètre).
    • Si Valérie Pécresse apparaît toujours comme la principale adversaire au 2nd tour pour le Président de la République, Emmanuel Macron l’emporterait avec un écart similaire (54% vs 46%) , soit un écart plus faible que la semaine passée.
    • Enfin dans le cas d’un duel entre le Président de la République et Éric Zemmour, Emmanuel Macron l’emporterait avec une marge plus importante que face à ses autres concurrentes, avec 62% des voix contre 38%.

 

  • En termes de pronostic, le verdict est clair : 1 Français sur 2 inscrit sur les listes électorales (50% ; + 1) estime qu’Emmanuel Macron sera réélu pour un second mandat, devant Marine Le Pen (13%) et Valérie Pécresse (12%), tandis qu’Éric Zemmour (9%) et Jean-Luc Mélenchon (6%) sont considérés comme de potentiels vainqueurs pour une faible part des Français. Récente vainqueure de la « Primaire populaire », Christiane Taubira n’est considérée comme une potentielle vainqueure de l’élection présidentielle par seulement 2% des Français inscrits sur les listes électorales.

 

  • Ce pronostic de victoire finale d’Emmanuel Macron est partagé bien entendu de façon quasi unanime par ses propres électeurs (95%), mais également majoritairement à gauche : près des 2/3 des électeurs de Yannick Jadot (65%), 63% des électeurs de Christiane Taubira et 47% des électeurs de Anne Hidalgo partagent ce pronostic. Ainsi, le vote de ces électeurs de gauche semble en partie décorrélé de l’espérance d’une victoire. Enfin au fur et à mesure que le scrutin se rapproche, deux dynamiques opposés semblent être à l’œuvre :
    • D’un côté des électeurs déclarés des deux candidats d’extrême-droite qui croient davantage que la semaine dernière aux chances de victoire de leur candidat : 69% des électeurs de Marine Le Pen (en hausse de 3 points) sont convaincus de la victoire de leur candidate contre 60% (+4 points) des électeurs d’Éric Zemmour qui voient déjà leur candidat à l’Elysée.
    • De l’autre côté, la croyance en une victoire de leur candidat des électeurs de Valérie Pécresse (55%) et Jean-Luc Mélenchon (52%) s’érode et perd respectivement 5 et 4 points.

 

  • Cette enquête interrogeait également les Français sur plusieurs propositions concernant les modalités d’organisation de la campagne électorale. Ainsi, 55% des Français se montrent favorables à un financement public de la vie politique à travers l’octroi de prêts issus d’une banque publique. Cette proposition apparait majoritaire auprès des sympathisants de toutes les formations politiques à l’exception des sympathisants du Rassemblement national et des Républicains. Ces derniers apparaissent partagés avec 48% des sympathisants des Républicains et 51% des partisans du Rassemblement national qui déclarent que la campagne devrait être financée par une banque privée.

 

  • Outre l’aspect fiscal, le système de parrainage a également été testé. Les Français sont particulièrement divisés sur ce sujet : un tiers souhaiterait que le système dit des « 500 signatures » soit conservé tel quel, un tiers souhaiterait qu’il soit maintenu mais que la liste des parrains ne soit pas publiée et le dernier tiers souhaiterait qu’un système de parrainage par les citoyens soit mis en place. Cette dispersion semble régie par un clivage politique : le statu quo est prôné à gauche et au centre par 42% des sympathisants LFI, 46% des sympathisants PS et 51% des sympathisants Ensemble Citoyens !, alors que le système de parrainage par les citoyens est préféré par 44% des sympathisants du RN et 44% des sympathisants Reconquête !. Ces derniers sont par ailleurs attachés au « secret du parrainage » pour 45% d’entre-eux, tout comme 39% des sympathisants des Républicains.

 

  • Enfin, cette enquête interrogeait également les Français sur leur souhait de voir différentes personnalités politiques obtenir leurs « 500 signatures » et ce indépendamment des intentions de vote des personnes interrogées. Parmi les personnalités politiques testées, Marine Le Pen (58%) et Jean-Luc Mélenchon apparaissent comme celles que les Français souhaitent le plus voir obtenir leurs « 500 signatures ».
    A noter pour terminer que moins d’un Français sur deux inscrit sur les listes électorales (45%) souhaiterait qu’Éric Zemmour obtienne ses « 500 signatures ».

 

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