Baromètre d’intentions de vote aux élections législatives de 2022 – Vague 48

Enquête Harris Interactive x Toluna pour Challenges

Enquête nationale réalisée en ligne du vendredi 13 au lundi 16 mai 2022. Échantillon de 2 393 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, dont 2 103 personnes inscrites sur les listes électorales.
Enquête régionale réalisée en ligne du mardi 10 au vendredi 13 mai 2022. Échantillon de 1 088 personnes représentatif de la population de la région Hauts-de-France âgée de 18 ans et plus, dont 860 personnes inscrites sur les listes électorales dans la région.
Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle, région et comportement électoral antérieur de l’interviewé(e).

 

 

Paris, le 18 mai,

 

Comme chaque semaine, Harris Interactive et Toluna ont interrogé pour Challenges les Français moins d’un mois avant le premier tour des élections législatives.

 

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Que retenir de cette enquête ?

 

  • Le temps des négociations et des alliances touche à sa fin. La campagne démarre avec une offre qui petit à petit s’affine sans pour autant être exhaustive, toutes les investitures (loin s’en faut) et toutes les candidatures dissidentes n’étant pas connues. Ainsi, pour tester le comportement potentiel des Français, nous avons leur avons soumis une offre fictive, c’est-à-dire unique dans chaque circonscription et désincarnée (« un candidat soutenu par… ») inhibant les effets locaux des élections et l’ancrage territorial des candidats. En attendant de connaître, et donc de tester, l’offre réelle, cette approche permet d’estimer au mieux l’état d’esprit avec lequel les Français abordent l’élection. Cette étude a été réalisée avant la nomination du nouveau Premier ministre.

 

  • Dans cette configuration, la Nouvelle Union populaire écologique et sociale recueillerait 29% des suffrages exprimés et progresserait d’1 point, notamment du fait d’un meilleur report de voix des électeurs de l’ensemble des candidats de gauche à l’élection présidentielle : 70% des électeurs de Fabien Roussel, 81% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon, 65% des électeurs de  Anne Hidalgo et 78% des électeurs de Yannick Jadot opteraient pour un candidat de la NUPES aux élections législatives. La majorité présidentielle, regroupée sous la bannière « Ensemble », se place derrière la NUPES avec 26% des voix, au même niveau que la semaine dernière. Les candidats issus du Rassemblement national recueillent 23% d’intentions de vote (-1 point) ce qui prolonge la dynamique négative mesurée la semaine dernière. Ces trois forces politiques devancent les candidats soutenus par les Républicains et l’UDI (10% ; +1 point), et ceux issus de « Reconquête ! » (5% ; -1 point).

 

  • Bien que l’offre électorale dans chaque circonscription pour ces élections législatives soit incomplète, et en restant on ne peut plus prudent quant aux spécificités des situations locales et à l’antériorité des élus en place, nous avons procédé à des projections en sièges de l’Assemblée nationale. Dans ce cadre, les députés soutenus par la NUPES verraient leur nombre croître. Déjà au cœur d’une dynamique positive la semaine passée, la NUPES gagne encore des sièges dans notre projection, notamment parmi les candidats issus de la France insoumise et du Parti socialiste. Dans le détail, l’Assemblée nationale verrait entre 62 et 88 députés insoumis entrer dans l’hémicycle (contre 17 actuellement) et un groupe écologiste verrait le jour avec 20 à 35 députés. De leur côté, le Parti communiste et le Parti socialiste gardent l’espoir d’obtenir un groupe à l’Assemblée comptant entre 8 à 15 députés pour le premier et 18 à 34 pour le second.

 

  • La projection en députés de la majorité présidentielle (Renaissance, ex-La République en Marche, le MoDem, Agir et Horizons) est identique à celle de la semaine dernière, avec la possibilité d’obtenir entre 300 et 350 sièges (contre 346 actuellement pour les députés des groupes LREM, MoDem, Agir), en ayant néanmoins une majorité absolue. Les députés Républicains et UDI verraient leur nombre diminuer : entre 35 et 55 (contre 120 pour les groupes LR et UDI actuellement), tandis que le Rassemblement national pourrait compter sur 48 à 75 députés dans cette législature (contre 8 lors de la précédente législature). On observe néanmoins une dynamique opposée de ces deux formations : si les Républicains apparaissent dans une dynamique positive par rapport à la semaine dernière (+5 à 7 sièges), le RN en perdrait 5. Pour cette formation politique, la question principale qui se pose est la suivante : la mobilisation électorale. En 2017, en effet, le FN était passé de plus de 7,6 millions d’électeurs à  moins de 3 millions (ne conservant que moins de 40% de ses électeurs).

 

  • Dans le cadre de cette étude, nous avons également demandé à quelle formations politiques les Français accordaient le plus leur confiance pour faire de bonnes propositions en termes de politique industrielle. Si on observe ici encore une certaine défiance des Français pour les formations politiques, en témoigne les scores de confiance faibles pour l’ensemble du spectre politique, Renaissance (ex-La République en marche) et ses alliés apparaissent comme les plus à même de proposer des solutions dans ce domaine (38%), devant le Rassemblement national (35%) et Europe Ecologie Les Verts (34%).

 

  • Comme chaque semaine, cette vague d’enquête est accompagnée par un dispositif d’études original portant sur les rapports de force aux élections législatives dans différentes régions. En effet chaque semaine jusqu’au 1er tour des élections législatives nous testerons la même configuration politique dans une grande région française. Cette semaine nous poursuivons avec la région Hauts-de-France, où Marine Le Pen avait recueilli 1/3 des voix exprimées (33,3%) au 1er tour de l’élection présidentielle, devançant Emmanuel Macron (25,4%) et Jean-Luc Mélenchon (19%). La candidate du Rassemblement National arrivait en tête dans la région au 2nd tour face à Emmanuel Macron (52,1% contre 47,9%).

 

  • Suivant le résultat très favorable obtenu par Marine Le Pen au 1er tour de l’élection présidentielle, les candidats soutenus par le Rassemblement National arriveraient en tête au 1er tour, en recueillant 30% des voix exprimées (contre 23% au niveau national), devançant les candidats soutenus par la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (27% contre 29% au niveau national). Les candidats soutenus par la majorité présidentielle réaliseraient une performance bien plus faible qu’au niveau national et se positionneraient en 3ème position du scrutin au 1er tour (20% contre 26% au niveau national).

 

  • Rappelons que lors des élections législatives de 2017 le Rassemblement National, alors Front National, avait bénéficié d’un ancrage territorial fort dans la région Hauts-de-France. Sur les 8 députés frontistes élus à l’Assemblée nationale, 5 l’avaient été dans des circonscriptions des Hauts-de-France. On pense notamment à Marine Le Pen, élue dans son « fief » de Hénin-Beaumont et candidate à sa réélection en 2022, ou encore à Sébastien Chenu élu dans le Nord. Comme en 2017 donc, le Rassemblement National semble pouvoir bénéficier d’un contexte favorable pour l’élection d’une majeure partie de ses députés dans des circonscriptions des Hauts-de-France.

 

  • Dans cette enquête régionale nous investiguions également la question des thématiques de vote les plus mises en avant en région Hauts-de-France. Les 3 principales préoccupations qui compteront dans le choix de vote des électeurs de la région sont inchangées par rapport à ce que l’on l’observe auprès de l’ensemble des Français : le pouvoir d’achat (63%) devance très nettement les retraites (40%) et la santé (37%) dans les motivations du vote.

 

  • Enfin dans cette enquête nous abordions également la confiance accordée à certaines formations politiques pour faire de bonnes propositions à l’Assemblée nationale en matière de politique industrielle. Sur cet aspect également, le Rassemblement National devance les autres formations politiques : 42% des habitants de la région Hauts-de-France déclarent faire confiance au RN pour faire des propositions en matière de politique industrielle à l’Assemblée nationale, soit 8 points de plus que le niveau obtenu par la majorité présidentielle à savoir Renaissance et ses alliés (34%), la France Insoumise (33%) et Europe Ecologie Les Verts (31%). Un niveau de confiance mesuré envers le RN également plus élevé que ce qui est observé auprès de l’ensemble des Français (35%).

 

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