Baromètre d’intentions de vote aux élections législatives de 2022 – Vague 46

Enquête Harris Interactive x Toluna pour Challenges

Enquête nationale réalisée en ligne du vendredi 29 avril au lundi 02 mai 2022, soit en majeure partie avant la conclusion d’un accord entre LFI et EELV pour les élections législatives. Échantillon de 2 366 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, dont 2 044 personnes inscrites sur les listes électorales.
Enquête régionale réalisée en ligne du mardi 26 au vendredi 29 avril 2022 (avant l’annonce de l’alliance entre la France Insoumise et Europe Ecologie Les Verts au niveau national).
Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle, région et comportement électoral antérieur de l’interviewé(e).

 

Paris, le 3 mai,

 

Comme chaque semaine, Harris Interactive et Toluna ont interrogé pour Challenges les Français près d’un mois avant le premier tour des élections législatives.

 

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  • Si l’élection présidentielle avait dessiné une France politique s’articulant autour de trois pôles politiques, les semaines suivantes ont amené une séquence de négociations et d’alliances potentielles. Ainsi dans la perspective des élections législatives l’offre politique qui sera proposée aux Français est encore incertaine. Pour tester le comportement des Français, nous avons soumis aux Français une offre fictive, c’est-à-dire unique dans chaque circonscription et désincarnée (« un candidat soutenu par… ») inhibant les effets locaux des élections et l’ancrage territorial des candidats. En attendant de connaître l’offre réelle, cette approche permet d’estimer au mieux l’état d’esprit avec lequel les Français abordent l’élection.

 

  • Alors que le Président réélu cherchera à obtenir de nouveau une majorité absolue à l’Assemblée nationale et que Jean-Luc Mélenchon a publiquement défendu sa volonté d’avoir la majorité des sièges, nous avons testé deux configurations possibles lors de ces élections législatives. Dans la configuration où les principales forces politiques présenteraient des candidats séparément dans chaque circonscription, la situation est semblable à celle mesurée la semaine dernière. Les candidats soutenus par La République en Marche, le MoDem et Horizons cumuleraient 24% des voix exprimées au 1er tour, devant les candidats soutenus par le Rassemblement national (23%) et ceux soutenus par la France insoumise (19%). A gauche, 7% (+2 points par rapport à la semaine dernière) des électeurs exprimant une intention de vote choisiraient un candidat soutenu par Europe Ecologie Les Verts ; 7% (-1 point) pour le Parti socialiste ou divers gauche, soit davantage que le score de ces candidats à l’élection présidentielle. De même, à droite 8% se porteraient vers un candidat soutenu par Les Républicains et ses alliés. Enfin, les candidats soutenus par Reconquête ! recueilleraient 6% des suffrages exprimés (-1 point), soit un score similaire à celui d’Éric Zemmour au 1er tour de l’élection présidentielle. De manière assez logique les électorats au 1er tour de l’élection présidentielle se reportent dans l’ensemble majoritairement vers des candidats soutenus par la formation politique de référence.

 

  • Alors que la France insoumise et Europe écologie Les Verts ont dévoilé leur accord pour ces élections et devraient présenter des candidats communs entre les deux formations politiques, et que le Parti socialiste et le Parti Communiste Français sont toujours en discussion, nous avons reconduit notre configuration (toujours hypothétique) d’alliances entre les principales forces politiques du premier tour de l’élection présidentielle. Notons que l’interrogation s’est déroulée avant même que l’accord entre la FI et EELV soit connu de la plupart des personnes interviewées.

 

  • Les candidats d’union de la gauche (soit une alliance de la France Insoumise, du Parti Communiste, du Parti socialiste et d’Europe Ecologie Les Verts) recueilleraient 33% des voix, soit le même niveau que les candidats soutenus par l’union du centre et de la droite (La République en Marche, le MoDem, Horizons, Les Républicains et l’UDI) avec 33% également, et devançant les candidats soutenus par une alliance d’extrême-droite, composée du Rassemblement national, Debout la France et Reconquête ! (30%).

 

  • L’union des formations de gauche suscite notamment des questions sur l’adhésion de leurs électorats respectifs à cette stratégie commune. Notons que 92% des électeurs d’un candidat soutenu uniquement par La France insoumise et 81% des électeurs d’un candidat communiste opteraient pour un candidat d’union si telle était l’offre politique dans leur circonscription. Dans une moindre mesure, les électeurs socialistes et écologistes choisiraient majoritairement de voter en faveur d’un candidat commun mais dans une moindre mesure (respectivement 77% et 63%). Face à une situation d’union des différentes formations de gauche, les autres électeurs se tourneraient vers un vote LREM-LR (11% des électeurs communistes, 12% des électeurs socialistes et surtout 22% électeurs des écologistes feraient ce choix).

 

  • Bien que l’offre électorale dans chaque circonscription pour ces élections législatives soit incomplète, et en restant prudents quant aux spécificités des situations locales et de l’antériorité des élus en place, nous avons procédé à des projections en siège de l’Assemblée nationale sur la base de ces deux configurations susmentionnées. Dans le cas de candidatures séparées de la part de chacune des grandes forces politiques, les candidats de la majorité présidentielle (La République en Marche, le MoDem et Horizons) recueilleraient entre 338 et 378 sièges, (contre 346 actuellement pour les députés des groupes LREM, MoDem, Agir), soit la majorité absolue et un gain de quelques sièges par rapport à notre projection de la semaine dernière. Les députés Républicains et UDI verraient leur nombre divisé de plus de moitié : entre 35 et 65 (contre 120 pour les groupes LR et UDI actuellement), tandis que l’Assemblée nationale verrait l’arrivée d’un peu moins d’une centaine de députés RN (65-95 députés contre 8 lors de la précédente législature). A gauche le groupe des Insoumis se verrait renforcé (25-45 députés contre 17 actuellement) tandis que les socialistes pourraient compter sur une trentaine de députés (soit un nombre similaire).

 

  • Dans le cas de candidatures soutenues par 3 blocs politiques, la majorité présidentielle (alliée dans ce cas avec Les Républicains et l’UDI) se trouverait renforcée d’une petite dizaine de sièges par rapport à la semaine dernière et obtiendrait donc à nouveau la majorité absolue (entre 336 et 376 députés). Les députés d’union de la gauche pourraient être entre 70 et 90, moins nombreux que les députés RN, Debout la France et Reconquête ! (entre 110 et 140 députés).

 

  • Dans le cadre de cette enquête nous questionnions également de manière plus générale les Français sur la confiance qu’ils accordent à chacune des formations politiques en matière d’immigration. Sur ce sujet, aucune formation politique ne se détache et apparait comme formulant de bonnes propositions sur ce sujet : La République en Marche et ses alliés est perçue à même de proposer de bonnes idées pour 39 % des Français devant le Rassemblement national (36%) et la France insoumise (34%). Plutôt qu’un niveau de confiance il s’agit avant tout d’une forte défiance qui s’exprime sur le sujet puisque le niveau de Français estimant ne pas « du tout » faire confiance aux différentes formations politiques est compris entre 34% pour les Républicains et La République en Marche et 46% pour Reconquête ! la formation politique d’Éric Zemmour.

 

  • Cette vague d’enquête constituait également la première d’un dispositif d’études original portant sur les rapports de force aux élections législatives dans différentes régions. En effet chaque semaine jusqu’au 1er tour des élections législatives nous testerons la même configuration politique dans une grande région française. Cette semaine nous commençons par la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, où Marine Le Pen avait recueilli 27,6% des voix au 1er tour de l’élection présidentielle, devançant Emmanuel Macron (23,3%) et Jean-Luc Mélenchon (19,8%). Rappelons qu’elle y est également arrivée en tête lors du 2nd tour.

 

  • Dans la continuité des résultats de l’élection présidentielle, les candidats soutenus par le Rassemblement national arriveraient également en tête au 1er tour des élections législatives dans la région (30% contre 23% au niveau national), devant les candidats soutenus par la majorité présidentielle (21% contre 24%) et les candidats soutenus par la France Insoumise (14% contre 19%). Alors qu’Éric Zemmour avait particulièrement performé à l’élection présidentielle dans cette région (11,7% contre 7,1% sur l’ensemble du territoire) les candidats soutenus par son mouvement Reconquête ! recueilleraient 10% des voix exprimées soit 4 points de mieux que ce que nous mesurons au niveau de l’ensemble du territoire (6%) et un résultat supérieur à celui mesuré pour les candidats LR et EELV (respectivement 8% et 7%, soit des scores similaires à ceux mesurés au niveau national.

 

  • De la même façon que ce que nous avons mesuré au niveau national, nous avons également testé dans cette région l’hypothèse d’alliances entre les principales formations politiques afin de constituer trois grands blocs politiques, et cela avant l’annonce d’une alliance entre la France Insoumise et Europe Ecologie Les Verts dans le cadre de ces élections législatives. Dans cette configuration, les candidats soutenus par un arc allant du RN à Reconquête ! en passant par Debout la France recueilleraient ainsi près de 4 voix exprimées sur 10 (38%, soit 8 points de plus que ce qui est mesuré au niveau national) et constitueraient la première force politique dans la région, devant une alliance constituée de la majorité présidentielle et des LR (31%) et l’alliance des partis de gauche (25%).

 

  • Rappelons que ces configurations restent à ce stade très hypothétiques, le mouvement Reconquête ! ayant notamment annoncé qu’il ne présenterait pas de candidat dans certaines circonscriptions où se présente un candidat RN. Néanmoins le Rassemblement national semble en position de pouvoir capitaliser sur son implantation historique dans la région pour emporter un certain nombre de circonscriptions.

 

  • Cette enquête régionale investiguait également la question des thématiques de vote les plus mises en avant en région PACA. Les 3 principales préoccupations qui compteront dans le choix de vote des électeurs de la région sont inchangées par rapport à ce que l’on l’observe auprès de l’ensemble des Français : le pouvoir d’achat (62%), les retraites (41%) et la santé (40%). Cependant, et cela rejoint les scores importants mesurés par les candidats RN et Reconquête ! dans la région, plus d’1 habitant sur 3 déclare que l’immigration (37% contre 29% au niveau national) et la sécurité (29% contre 20% au niveau national) auront une importance dans leur choix de vote.

 

  • Enfin dans cette enquête nous abordions également la confiance accordée à certaines formations politiques pour faire de bonnes propositions à l’Assemblée nationale sur la thématique de l’immigration, une thématique mise en avant de manière plus importante encore de la part des électeurs en région PACA que pour l’ensemble des Français. Et de manière assez logique, dans la région PACA, le Rassemblement national est la première formation politique en laquelle les habitants de la région déclarent avoir confiance en matière d’immigration (47% soit 11 points de plus en région PACA par rapport à ce qui est mesuré auprès de l’ensemble des Français), devant LREM et ses alliés pourtant la force politique en laquelle les Français déclarent le plus faire confiance à ce sujet (35% en région PACA contre 39% au niveau national).

 

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