Baromètre de l’attractivité des formations et métiers du secteur alimentaire Vague 1

Enquête Harris Interactive pour Opcalim

Méthodologie :
  • Volet Jeunes: Enquête réalisée en ligne du 6 au 23 janvier 2017. Échantillon national de 1 560 personnes, représentatif des jeunes âgés de 14 à 25 ans. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, type d’études (collégiens, lycéens, étudiants, apprentis) et d’activité (à la recherche d’un emploi, CSP+, CSP-) et région d’habitation.
Comparaison Grand Public : Enquête réalisée en ligne du 17 au 19 janvier 2017. Échantillon de 1 000 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).

Opcalim est un organisme qui rassemble les branches de l’Industrie Alimentaire, de la Coopération Agricole et de l’Alimentation en détail, pour répondre à leurs enjeux Emploi-Formation. Dans le cadre de ses missions, Opcalim a sollicité Harris Interactive pour mettre en place un Baromètre de l’attractivité des formations et métiers de l’alimentaire auprès des jeunes Français : ont-ils le sentiment d’être bien informés sur ces formations et sur ces métiers ? Quelle image en ont-ils ? Se verraient-ils travailler dans ce domaine ? Quels types de communication attendent-ils de la part des entreprises du secteur ?

 

Dans le cadre de cette première vague du Baromètre, Harris Interactive a également interrogé un échantillon représentatif des Français âgés de 18 ans et plus sur quelques questions-miroirs afin d’identifier si les perceptions recueillies auprès des jeunes sont propres à cette tranche d’âge ou sont partagées par l’ensemble de la population.

 

Que retenir de cette enquête ?

 

  • Près de 6 jeunes sur 10 (58%) disent avoir une bonne image du secteur alimentaire. Cette image positive est notamment liée à la vision de métiers majoritairement considérés comme socialement utiles, ouverts à l’international, diversifiés et créateurs d’emploi. Cette image est toutefois contrastée, car ces métiers sont également perçus comme stressants, mal payés, et peu valorisés au sein de la société, par une majorité de jeunes.

 

  • Néanmoins, le secteur alimentaire manque d’attractivité auprès des jeunes de 14 à 25 ans : moins d’un tiers d’entre eux (30%) déclarent qu’ils aimeraient y travailler, et seuls certains types de métiers (R&D, marketing / vente) attirent une majorité d’entre eux.

 

  • La majorité des jeunes de 14 à 25 ans se disent plutôt mal informés sur les métiers du secteur alimentaire (59%), et plus encore sur les formations qui y mènent (65%), même s’ils se montrent conscients de la diversité importante de métiers et d’entreprises dans ce secteur.

 

  • Cependant, les jeunes ont une vision plutôt positive des perspectives actuelles d’emploi dans le secteur alimentaire, estimant majoritairement que ce secteur propose des métiers qui leurs sont ouverts et qu’il est plutôt facile aujourd’hui de trouver un travail dans ce secteur quand on y a été formé.

 

  • 54% des jeunes déclarent qu’ils conseilleraient à un ami de se former dans le secteur alimentaire. En revanche, seuls 39% des parents d’enfants de moins de 25 ans conseilleraient à leurs enfants de le faire.

 

Dans le détail…

 

3 jeunes sur 10 déclarent qu’ils aimeraient travailler dans le secteur alimentaire, principalement dans les fonctions R&D ou marketing / vente

 

  • Un peu moins d’un tiers des jeunes de 14 à 25 ans interrogés (30%) déclarent qu’ils aimeraient travailler dans le secteur de l’alimentaire (hors métiers de la restauration), dont 8% « tout à fait ». C’est un peu moins que la proportion de jeunes qui se verraient bien travailler dans les secteurs de la presse (39%) ou de l’énergie (36%), mais un peu plus que la proportion de ceux qui aimeraient évoluer dans le secteur des transports (25%).Les jeunes pour lesquels la perspective de travailler dans le secteur alimentaire s’avère plaisante déclarent apprécier le fait de cuisiner et de manger, et plus globalement d’être en contact avec la nourriture. Ils mettent également en avant la diversité des métiers dans un secteur qui leur paraît intéressant.En revanche, ceux qui mentionnent que cela ne leur plairait pas vraiment ou pas du tout justifient le plus souvent leur désintérêt par le sentiment que c’est un secteur qui tient davantage compte d’objectifs de rentabilité que de qualité, ou bien par la représentation d’un milieu aux conditions de travail difficiles (notamment en ce qui concerne les horaires et l’industrialisation des tâches).

 

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  • De manière générale, les métiers du secteur alimentaire attirent un peu plus les jeunes de 22 à 25 ans (34%) que ceux âgés de 14 à 17 ans (24%).En effet, les jeunes qui sont déjà entrés sur le marché du travail, qu’ils soient en emploi (32%) ou surtout à la recherche d’un emploi (48%), affichent un intérêt plus fort pour les métiers du secteur alimentaire que les jeunes encore en étude (25%). Relevons que c’est l’inverse qui s’observe pour les domaines de la presse, de l’énergie ou encore de la chimie, des secteurs qui attirent davantage des jeunes encore scolarisés.

 

  • Dans le détail, les jeunes préféreraient, au sein du secteur alimentaire, travailler dans les métiers de l’innovation et de la R&D (51% aimeraient occuper ce type de poste) ou dans les métiers du marketing et de la vente (47%).Plus de 4 jeunes interrogés sur 10 déclarent également qu’ils aimeraient travailler dans les fonctions transversales, comme l’administration, les RH ou l’informatique (42%), les fonctions concernant la qualité, l’hygiène, la sécurité, l’environnement (42%) ou encore dans les achats (41%). Les métiers plus « techniques » de la logistique (34%), de la production ou de la fabrication (28%) ou encore ceux de la maintenance des installations de production (26%) attirent une part plus faible des jeunes répondants.

 

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  • Les jeunes dans la vie active sont plus attirés par les métiers des achats, de la logistique et de la production, ainsi que par les fonctions transversales, que les jeunes en étude. Ces derniers, et notamment les plus jeunes d’entre eux, sont particulièrement intéressés par les métiers de l’innovation et de la R&D.Sans doute le prisme des débouchés en termes d’emploi est-il plus prégnant pour les premiers que pour les seconds. Notons également des différences dans l’attractivité des catégories de métiers selon le sexe : si l’attrait au global pour les métiers du secteur alimentaire est sensiblement le même pour les garçons et les filles, les premiers affichent un intérêt plus grand que les secondes pour les métiers de la R&D (56% contre 45%), pour ceux de la logistique (38% contre 29%) et pour ceux de la maintenance (32% contre 19%).

 

Les métiers du secteur alimentaire bénéficient d’une image plutôt bonne dans l’ensemble, mais contrastée

 

  • Près de 6 jeunes de 14 à 25 ans sur 10 (59%) se disent dans l’ensemble mal informés sur les métiers du secteur alimentaire, et même 9% d’entre eux se sentent « très mal informés ».Ce sentiment majoritaire de mauvaise information n’est pas spécifique aux jeunes, puisque 62% des Français âgés de 18 ans et plus le partagent. Relevons qu’il s’exprime particulièrement parmi les jeunes filles (62%), les collégiens (67%) mais aussi parmi les étudiants (65%), alors que les jeunes dans la vie active se sentent un peu mieux informés que la moyenne (45%).Au-delà de ce sentiment subjectif, l’enquête a cherché à obtenir une mesure plus objective de ce niveau de connaissance : les interviewés ont été invités à indiquer si différentes assertions sur les métiers du secteur alimentaire leur semblaient vraies ou fausses. Les jeunes ont majoritairement bien conscience du fait que le secteur comprend plus de 80 métiers (80%) et représente près de 80 000 entreprises (78%). Les 3/4 d’entre eux ont également raison lorsqu’ils acquiescent à l’affirmation selon laquelle l’apprentissage représente 1 embauche sur 5 dans le secteur alimentaire (74%).En revanche, ils peinent davantage à se représenter le type d’entreprises et le nombre de salariés qui forment ce secteur. Ainsi, seuls 54% sont d’accord pour dire que la grande majorité des entreprises du secteur sont des TPE et 68% se trompent en pensant qu’elles comptent environ 100 000 salariés en France, ce chiffre étant en réalité plus proche de 800 000 salariés. Relevons que le fait d’être déjà un jeune dans la vie active ne se traduit pas par des réponses plus exactes que parmi les jeunes en étude.

 

  • Malgré ce sentiment d’information mitigé, 58% des jeunes cultivent une bonne image des métiers du secteur alimentaire contre 41% qui disent en avoir une mauvaise image.Les représentations ne sont guère tranchées puisque seuls 6% indiquent en avoir une très bonne image, contre 3% qui en ont une très mauvaise. Là encore, les jeunes de 14 à 25 ans fournissent des réponses proches de celles de l’ensemble des Français (60% de ces derniers disent avoir une très bonne image du secteur). Notons cependant que l’image des métiers du secteur alimentaire est un peu moins bonne parmi les collégiens (48%), tandis qu’elle est meilleure parmi les jeunes à la recherche d’un emploi (67%).

 

  • Quelles sont les principales raisons qui construisent cette image plutôt positive ? Tout d’abord, les métiers du secteur alimentaire sont très majoritairement perçus par les jeunes comme utiles socialement (77%, dont 26% tout à fait). Il s’agit là de la caractéristique qui leur est reconnue par le plus grand nombre de jeunes.Si leur diversité est actée pour 72% des répondants, la même proportion considère néanmoins qu’ils sont en grande majorité manuels. De même, une large majorité de jeunes Français considère que ces emplois sont non seulement une source d’embauches près de chez eux (72%) et des métiers en développement (68%), mais aussi qu’ils sont ouverts à l’international (75%).Près de 6 sur 10 estiment également qu’il s’agit de métiers de passion (59%, dont 21% tout à fait) et de métiers intéressants (59%, dont 14%).

 

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  • Au-delà de ces dimensions positives, les jeunes se montrent néanmoins partagés sur les conditions de travail offertes par ces métiers, ce qui était déjà cité, de manière spontanée, comme un frein à l’attractivité des métiers du secteur alimentaire. Cela se confirme à travers cette question.Ainsi, 69% des jeunes de 14 à 25 ans estiment que ce sont des métiers stressants, alors que seulement 29% ne le pensent pas. De même, seulement une minorité d’entre eux les considèrent comme bien payés (29%), et comme reconnus et valorisés dans la société française (42%). Moins d’1 jeune sur 2 estime que ce sont des métiers épanouissants (47%, contre 51% qui pensent l’inverse) et qui proposent un bon équilibre vie privée / vie professionnelle (48%, contre 50%).Enfin, les jeunes portent également un jugement mitigé sur la possibilité de se projeter à long terme dans ce secteur: seulement la moitié d’entre eux, en effet, estiment que ces métiers offrent des perspectives de carrière intéressantes (51%, contre 47% qui pensent l’inverse). On comprend donc mieux, malgré des éléments d’image positifs, les freins qui font que seulement 3 jeunes sur 10 se disent attirés par le fait de travailler dans ce secteur.

 

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  • Notons que sur ces différents traits d’image, les réponses diffèrent assez peu que l’on s’intéresse aux jeunes en étude ou ceux dans la vie active, à l’exception de la capacité perçue des métiers du secteur alimentaire à proposer des perspectives de carrière intéressantes (56% chez les jeunes actifs contre 48% chez les jeunes en étude) et épanouissantes (52% contre 43%).Constatons également que plus les jeunes se sentent bien informés sur les métiers du secteur alimentaire, plus ils ont tendance à en avoir une bonne image.

 

Les jeunes ont le sentiment que le secteur alimentaire leur est ouvert, et qu’il connaît une assez bonne dynamique de recrutement

 

  • Si 59% des jeunes indiquent se sentir mal informés sur les métiers de l’alimentaire, le constat est encore plus mitigé en ce qui concerne les formations permettant d’y accéder, puisque ce sont 65% des jeunes qui déplorent cette fois se sentir mal informés, et même 13% « très mal informés ». Ce sentiment de mauvaise information prévaut dans toutes les catégories de répondants, et particulièrement parmi les étudiants (71%).

 

  • Malgré ce manque d’information, la plupart des personnes interrogées estiment que les métiers du secteur alimentaire sont largement ouverts aux jeunes (83%, et encore davantage aux jeunes en formation professionnelle : 85%), de même qu’aux femmes (81%) et aux personnes en reconversion professionnelle (79%).Néanmoins, ils ne considèrent pas que le secteur offre des perspectives à tous les jeunes de manière indifférenciée, quel que soit leur niveau de diplôme. Nous l’avons vu, les jeunes reconnaissent la diversité des métiers du secteur mais associent surtout ce dernier à des métiers manuels. Ils considèrent donc davantage que le secteur propose des métiers aux jeunes disposant d’un CAP ou BEP (88%), du Bac (83%), ou d’un BTS ou DUT (81%) qu’à ceux ayant mené des études plus longues. En effet, 62% estiment que le secteur offre des métiers aux titulaires d’une licence ou d’un master et seulement 46% à ceux ayant un doctorat.

 

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  • La majorité des répondants se montrent plutôt optimistes sur la possibilité pour des jeunes disposant d’une formation de trouver un emploi dans le secteur alimentaire. En effet, 60% d’entre eux estiment que, quand on a été formé à un métier de l’alimentaire, il est facile de trouver un travail aujourd’hui (même si seulement 5% pensent que c’est « très facile »).Néanmoins, ce sont surtout les jeunes ayant actuellement un emploi qui expriment cette position (64%), alors que seulement 51% de ceux qui sont à la recherche d’un emploi pensent la même chose. De fait, la grande majorité des répondants considèrent que les entreprises de l’alimentaire recrutent des jeunes aujourd’hui : 69% pensent qu’elles en recrutent un peu, et 24% pensent même qu’elles en recrutent beaucoup.

 

  • Ainsi, près de 6 jeunes sur 10 pensent aujourd’hui que, lorsque les entreprises de l’alimentaire cherchent à recruter des jeunes, elles trouvent facilement des candidats (58%).Ceux qui adhèrent à cette position la justifient d’abord par le fait que « le secteur alimentaire propose des emplois très divers » (53%), que ses entreprises « offrent des emplois bien situés, présents sur tout le territoire » (40%), et par le fait qu’ils considèrent qu’il y a « beaucoup de formations aux métiers de l’alimentaire » (37%).On retrouve donc ici l’un des points forts déjà identifiés à propos de l’image du secteur alimentaire auprès des jeunes, à savoir la diversité des métiers et leur bonne répartition sur l’ensemble du territoire.

 

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  • A l’inverse, 41% des jeunes interrogés estiment que les entreprises de ce secteur trouvent difficilement des candidats quand elles souhaitent recruter. La première raison invoquée revient sur un trait d’image négatif déjà rencontré à propos du secteur alimentaire : « le fait que les salaires et les carrières ne sont pas attractifs » (51%). L’autre raison majeure est que « les jeunes sont mal orientés concernant ces métiers de l’alimentaire » (43%).Enfin, 36% des répondants estiment que « le secteur alimentaire n’offre pas des métiers qui intéressent les jeunes » et que « les entreprises du secteur souffrent d’une mauvaise image ». On retrouve ici certaines des raisons principales (salaires et perspectives de carrière, manque d’information sur les métiers et les formations, image mitigée des métiers) qui font que, malgré la vision d’un secteur qui recrute, seule une minorité de jeunes exprime le souhait de s’y engager.

 

  • Plus d’1 jeune âgé de 14 à 25 ans sur 2 (54%) déclare qu’il conseillerait à un ami de se former dans le secteur alimentaire. Ce score s’élève même à 58% chez les jeunes dans la vie active, alors qu’il n’atteint que 44% chez les collégiens.En revanche, les parents d’enfants de moins de 25 ans se montrent plus réticents à recommander cette orientation professionnelle à leurs enfants : en effet, seuls 39% d’entre eux conseilleraient à leurs enfants de se former pour travailler dans le secteur alimentaire.

 

Infographie-BARO-metiers-secteur-alimentaire-Harris-Interactive-page-001

 

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