Baromètre de confiance politique – Mai 2023

Enquête Toluna Harris Interactive pour LCI

Enquête réalisée par Toluna Harris Interactive en ligne du 23 au 25 mai 2023. Échantillon de 1 109 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).

 

Paris, le 26 mai,

 

Tous les mois, Toluna – Harris Interactive réalise en partenariat avec LCI un baromètre de confiance politique.

Téléchargez le rapport complet

Téléchargez la note d’analyse de Jean-Daniel Lévy

 

 Stabilité de l’exécutif avant l’examen de la proposition de loi déposée par le groupe Liot

 

Il faut se méfier des constats définitifs. On se rappelle qu’un certain nombre d’observateurs considéraient, après le mouvement des Gilets Jaunes, qu’à peine débuté, le mandat d’Emmanuel Macron venait de prendre fin. Qu’il lui serait impossible de renouer une confiance avec les Français et que les mois – voire les années – qui suivraient seraient un long chemin de croix. On a pu voir qu’au vu de la stratégie – le grand débat – et des évènements (notamment la crise Covid) Emmanuel Macron a pu bénéficier de rebonds d’opinion et, finalement, être le premier Président réélu hors période de cohabitation. Aucune situation n’est tout à fait transposable. Reste qu’en dépit de la toujours forte contestation contre la réforme des retraites et de la forte crispation concernant le fonctionnement de notre démocratie (dont le recours au 49.3), la confiance en Emmanuel Macron reste stable. Les enjeux, les préoccupations toujours fortes (76% des Français estiment que le pouvoir d’achat doit être une priorité pour le gouvernement, 69% le système social, 63% l’éducation/l’école, 62% l’insécurité) n’ont pas disparus. Mais ils n’entrainent pas une baisse ou une chute de la confiance à l’égard de l’exécutif.

 

Ainsi, la confiance des Français envers Emmanuel Macron se stabilise depuis 2 mois (39%) et surtout, progresse chez les sympathisants de la majorité présidentielle (88%, +4) et même de manière plus nette chez les sympathisants LR (50%, +15), après une baisse notable le mois dernier. Le cœur de l’électorat du Président ne décroche pas alors même que, par le passé, nous avions pu mesurer des distances prises aussi bien par les électeurs de Nicolas Sarkozy lorsqu’il était aux responsabilités que par ceux de François Hollande quelques années plus tard. Il s’agit-là d’un fait important à nos yeux. Quand bien même la réforme des retraites ne constituait que la septième motivation de vote des électeurs d’Emmanuel Macron à la présidentielle, ceux-ci n’ont pas le sentiment d’avoir été trahis ou, à tout le moins, qu’Emmanuel Macron n’a pas fait ce qu’il avait indiqué dans le cadre de la campagne. La communication, les nouveaux débats présents dans la société française comme les déplacements semblent limiter l’érosion de la confiance. Peut-être que l’absence d’alternative ou de personnalités vues, aujourd’hui, comme en capacité de faire différemment joue favorablement pour le Président.

 

Dans le même élan, Élisabeth Borne enregistre la confiance de 34% des Français, soit 1 point de moins que le mois dernier. Alors qu’elle est en exercice depuis plus d’un an (en ayant perdu 10 points de confiance au cours de cette période), la Première ministre connait un regain de confiance auprès des sympathisants de gauche : LFI (31%, +8), EELV (42%, +1), PS (40%, +10). L’apaisement qu’elle souhaite montrer via notamment la réception des organisations syndicales a probablement joué un rôle.

 

Du côté du gouvernement, Bruno Le Maire, malgré une légère baisse, reste le ministre bénéficiant du plus haut de niveau de confiance de la part des Français (35%, -1). On retrouve derrière lui Sébastien Lecornu (30%, -2), Olivier Véran (30%, stable) et Gabriel Attal (29%, -2). Au cœur de l’actualité, notamment pour sa gestion de l’opération « Wuambushu », Gérald Darmanin voit sa confiance affectée (28%, -3). Dans le contexte de débat sur non seulement la situation à Mayotte mais également sur la loi immigration, une baisse se fait sentir au centre et à droite : 70% des sympathisants Renaissance accordent leur confiance au ministre de l’Intérieur (-6), 45% chez les LR (-16) ou encore 14% (-5) au RN.

Concernant les autres acteurs, peu d’évolutions notables sont identifiées. Comme les mois précédents, Edouard Philippe (38%, +1) reste la personnalité enregistrant le plus de confiance de la part des Français. L’ex-Premier Ministre bénéficie toujours de la confiance de la grande majorité des sympathisants Ensemble, famille politique auprès de laquelle il apparait comme la personnalité politique hors gouvernement disposant du plus fort taux de soutien (75%, stable).

 

Marine Le Pen se classe toujours en deuxième position parmi les personnalités politiques envers lesquelles les Français ont le plus confiance (34%, -2). Elle continue logiquement d’être la plus populaire auprès de sa famille politique (85%, -2) mais baisse de manière assez marquée chez les sympathisants LR (39%, -12). Jordan Bardella, lui aussi en baisse (28%, -2), se voit dépassé par Jean Castex, même s’il recueille la confiance de 67% des sympathisants RN (-3 points).

 

A droite, on peut observer la forte baisse de Nicolas Sarkozy (21%, -6), alors qu’il vient d’être condamné en appel dans l’affaire des écoutes. Il perd notamment 18 points chez les sympathisants des Républicains (51%). Pendant de longues années l’ex-Président était parvenu à juguler le jugement de l’opinion au sein de sa famille politique. Même s’il n’y a pas d’hallali (un sympathisant sur deux de la formation de droite lui accorde toujours sa confiance), l’évolution mérite d’être considérée.

 

Enfin, au sein de la Nupes, Jean-Luc Mélenchon est stable ce mois-ci auprès des Français (24%, stable) en dépit d’une baisse auprès de ses sympathisants (69%, -6). Trois personnalités de gauche voient leur confiance nettement augmenter : Bernard Cazeneuve (27%, +3) d’abord, mais surtout Olivier Besancenot (27%, +5) et Fabien Roussel (29%, +5). Ce dernier progresse auprès de l’ensemble des sympathisants de gauche : LFI (48%, +14), EELV (47%, +12) et le PS (51%, +9). Les débats sur l’acte 2 de la NUPES semblent profitables au responsable du PCF. A lui comme à François Ruffin qui progresse de 3 points (26%). Le député progresse notamment de 21 points chez les proches d’EELV (50%) et d’une manière générale chez les sympathisants de gauche (41%, +3 points). Alors qu’il a été présenté par le leader de la FI comme étant un de ses possibles successeurs, l’élu de Picardie bénéficie donc d’un regard plus positif ce mois-ci que par le passé.

 

Nul doute que la donne politique peut évoluer rapidement. Nul doute que la mobilisation sociale du 6 juin suivie de l’examen (ou pas) de la loi proposée par Liot deux jours plus tard sur les retraites auront des incidences et ce quelle que soit l’issue de ces deux rendez-vous.  Ce qui semble certain, c’est que les proches de la majorité restent derrière l’exécutif et que les oppositions considéreront et le fond et la forme des débats à l’Assemblée nationale le 8 juin prochain.

 

Téléchargez aussi notre question du mois : Les priorités assignées par les Français au gouvernement

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