Baromètre de confiance dans l’exécutif Harris Interactive / Délits d’Opinion : Jean-Daniel Lévy répond aux questions de Délits d’Opinion

Baromètre de confiance dans l’exécutif Harris Interactive / Délits d’Opinion : Jean-Daniel Lévy répond aux questions de Délits d’Opinion

Interview de Jean-Daniel Lévy, Directeur du Département Politique-Opinion de Harris Interactive

Enquête réalisée en ligne du 17 au 21 mai 2013. Echantillon de 1654 individus représentatifs de la population française âgée de 18 ans et plus, à partir de l’access panel Harris Interactive. Méthode des quotas et redressement appliquée aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).

Délits d’Opinion : La cote de confiance de l’exécutif remonte chez les plus de 65 ans et les catégories supérieures mais baisse chez les sympathisants Front de Gauche et les catégories populaires : peut-on parler d’un virage social-démocrate clarifié aux yeux des Français ?

Jean-Daniel Lévy : Les Français expriment depuis de nombreux mois des interrogations fortes à l’égard de François Hollande. Celles-ci ne se structurent pas uniquement autour de sa politique (de ses choix, orientations…) mais également de sa posture (relative au cap et à son autorité) : il est frappant de remarquer que l’année écoulée n’a pas offert au peuple de Gauche de fierté d’avoir porté François Hollande à la présidence de la République, ni même la capacité de s’enorgueillir d’une réforme centrale. Dans ce contexte, la forme prend une place importante dans la construction des jugements. La détermination, la posture participent de l’image. A l’heure actuelle, celles-ci ne sont pas identifiées positivement. Dans ce contexte la réaffirmation de la ligne politique a au moins, pour une partie des Français, le mérite de la clarification.

Si la conférence de presse de François Hollande n’a pas constitué un bouleversement de la « doxa » présidentielle (il semble dans la même lignée que ce qui avait été retenu de sa campagne électorale), elle a permis d’être un moment de réaffirmation du positionnement du Président. En ce sens, il a un peu rassuré les personnes les plus âgées.

Concernant le Front de Gauche, et cela devra être confirmé, on ne peut qu’être frappé par une forme de conjonction temporelle : mobilisation du 5 mai à l’appel du Front de Gauche et, pour la première fois depuis l’élection de François Hollande, une majorité de sympathisants de ces formations politiques n’exprimant pas la confiance dans le Président. Il est frappant de remarquer que le potentiel électoral de Jean-Luc Mélenchon ne varie quasiment pas alors que les soutiens de la formation politique qu’il co-anime se distancient de l’exécutif.

Délits d’Opinion : Alors que les rumeurs de remaniement vont et viennent, la stabilisation dans les sondages et la confiance renouvelée du gouvernement donnent-elles à Jean-Marc Ayrault plus de chances de rester Premier ministre au moins jusqu’aux élections municipales ?

Jean-Daniel Lévy : Seul François Hollande peut vraiment répondre à cette question. Généralement, l’éviction d’un Premier ministre est la résultante d’une situation politique. Il s’avère que d’une part le Président de la République n’a pas fait mention de la volonté de se séparer de son Premier ministre, qu’il ne fait d’autre part état d’une modification potentielle de son positionnement politique ou de ses orientations stratégiques pour la France. Ajoutons à cela, l’analyse de l’opinion. Jean-Marc Ayrault ne constitue pas aujourd’hui un « problème » pour le Président. Il n’existe aucune exacerbation à l’égard du Premier ministre et celui-ci ne concentre pas de critiques manifestes et singulières. Le principal reproche qui peut lui être fait est d’être dans la ligne de François Hollande.

Délits d’Opinion : Un point sur la popularité des ministres un an après leur arrivée : Moscovici (-22), Sapin (-19), Montebourg (-17), et Peillon (-17) attendus comme les locomotives de l’action gouvernementale, ont-ils encore leur place au gouvernement et les marges de manoeuvre pour agir ?

Jean-Daniel Lévy : Observons que les uns et les autres occupent des espaces d’opinion qui ne se recoupent pas tout à fait. Les catégories supérieures (Pierre Moscovici), les personnes âgées (Michel Sapin), les catégories populaires (Arnaud Montebourg) notamment. Reste, qu’aux yeux des Français ce n’est pas l’attitude locomotive qui est la plus attendue. Mais bien la participation à une cohérence globale. La singularité des positionnements des uns et des autres participe de la déstabilisation – dans l’opinion – de l’ensemble de l’éxécutif. Le Président, comme le Premier ministre, donnent le sentiment aux Français de ne pas maitriser le gouvernement. Et dans ce contexte se voient plus affublés d’une critique en absence d’autorité. Autorité personnelle et autorité politique.

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