30 ans après l’élection de François Mitterrand : souvenirs et projections des Français Sondage Harris Interactive pour LCP dans le cadre de Politique Matin

30 ans après l’élection de François Mitterrand : souvenirs et projections des Français

Sondage Harris Interactive pour LCP dans le cadre de Politique Matin

 

Enquête réalisée en ligne du 6 au 9 mai 2011. Echantillon de 1624 individus issus de l’access panel Harris Interactive, représentatifs de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliquée aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé.

 

Paris, le 10 mai 2011 – A la demande de LCP, Harris Interactive a réalisé une enquête auprès d’un échantillon représentatif de Français afin de connaître leurs souvenirs associés à l’accession au pouvoir de François Mitterrand, ainsi que leur état d’esprit à l’évocation d’une victoire possible de la Gauche en 2012.

 

Quels sont les principaux enseignements de cette étude ?

  • 30 ans après, l’élection de François Mitterrand est un souvenir encore vivace et clivant chez les individus qui étaient en âge de voter en 1981. Se remémorant cet événement, ces derniers utilisent de nombreux superlatifs : « immense », « grand », « plus », « très »…

 

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  • A posteriori, 30 ans après l’élection de François Mitterrand, ce sont les sentiments de joie et d’espoir ainsi que la perspective d’un changement qui sont restitués lorsque les électeurs du candidat socialiste se remémorent la soirée du 10 mai 1981. Quant aux électeurs de Valéry Giscard d’Estaing au second tour, ils disent aujourd’hui avoir ressenti avant tout de la déception, plus que de la tristesse ou de l’inquiétude.
  • Les années Mitterrand sont relues par les Français majoritairement sous l’angle de la nostalgie et/ou de la déception. Beaucoup de répondants dressent une comparaison entre cette époque et la période actuelle, certains y voyant une « belle époque », moins marquée qu’aujourd’hui par les difficultés sociales (on note l’usage des termes « mieux », « avancées », « bonne »…), d’autres établissant davantage de parallèles, notamment sur la manière de faire de la politique ( « mêmes », « comme », « mensonges », « promesses », « magouilles »…). Notons que le terme « déception » est un des termes qui ressort le plus dans le discours des électeurs de François Mitterrand.

 

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  • La réforme la plus emblématique attribuée à François Mitterrand est l’abolition de la peine de mort. 46% des Français la considèrent comme la décision la plus marquante de sa présidence (et même 54% chez les 18-24 ans). Cette réponse devance ainsi largement la mise en place de la 5ème semaine de congés payés (19% ; 28% des CSP-) et la retraite à 60 ans (19% ; 25% des 50 ans et plus). La décentralisation et la légalisation des radios libres (5% pour les deux items) ont moins marqué les esprits. Dans le détail, on constate que les électeurs de François Mitterrand citent plus que la moyenne la moins consensuelle des mesures : la retraite à 60 ans (30% contre 19% en moyenne).
  • Invités ensuite à désigner le candidat socialiste incarnant le mieux l’héritage de François Mitterrand, les Français répondent d’abord « aucun » à hauteur de 44%. Parmi les candidats déclarés ou potentiels aux primaires, c’est François Hollande qui apparaît le plus en cohérence avec l’héritage de Mitterrand, juste devant Dominique Strauss-Kahn (respectivement 15% et 14%). Martine Aubry devance ensuite Ségolène Royal, Manuel Valls et Arnaud Montebourg (respectivement 10%, 5%, 2% et 2%). Les réponses divergent assez fortement selon la proximité politique des répondants. Les sympathisants de Droite estiment majoritairement qu’aucun candidat PS ne représente aujourd’hui l’héritage de François Mitterrand (57%). 34% des sympathisants de Gauche partagent cette opinion, quand 24% désignent François Hollande, loin devant les autres prétendants. Ce dernier est également cité par 26% des électeurs de François Mitterrand au second tour de l’élection présidentielle de 1981 et 26% des sympathisants socialistes. Notons que seuls 8% des électeurs de Ségolène Royal de 2007 la désigne comme la principale héritière, alors même que ce titre lui été attribué lors de la dernière campagne présidentielle.
  • Enfin, les Français se montrent assez réservés lorsqu’il leur est demandé de décrire les sentiments qu’ils éprouveraient en cas de victoire de la Gauche en 2012. Beaucoup disent aujourd’hui « Rien ». On retrouve, dans des proportions moindres, les mots associés à la victoire de François Mitterrand en 1981, à savoir « joie », « espoir », « bonheur ». Apparaît également, particulièrement chez les sympathisants de Gauche, la notion de « soulagement », associée à la défaite de la Droite et de Nicolas Sarkozy. Notons également la forte proportion de personnes réservant leur réponse à la désignation du candidat socialiste.

 

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