Une plus grande intégration des citoyens dans le fonctionnement démocratique peut-elle améliorer l’action politique aux yeux des Français ?

Etude Harris Interactive pour Le Réveil de la France - LRF

Enquête réalisée en ligne du 23 au 25 février 2016. Échantillon de 1 015 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).

À la demande du mouvement citoyen Le Réveil de la France, fondé en juin 2015, Harris Interactive a interrogé un échantillon représentatif de Français afin de cerner leur regard sur les initiatives citoyennes et la démocratie collaborative : ont-ils le sentiment que les citoyens sont plus à même que les responsables politiques de trouver des solutions à leurs problèmes et à ceux du pays ? Souhaitent-ils que la démocratie collaborative se développe et considèrent-ils que cela serait efficace pour améliorer la situation de la France ? Dans ce cadre, quelles valeurs souhaitent-ils que le prochain Président de la République porte au quotidien pour contribuer à un meilleur fonctionnement de la vie politique ?

Que retenir de cette enquête ?

 

  • Spontanément, les Français affichent des opinions variées sur les mouvements citoyens, des plus enthousiastes aux plus dubitatives ou critiques. Invités à s’exprimer ouvertement sur les mouvements citoyens en politique, les Français ont parfois du mal à identifier ce que recouvre ce terme. Ils évoquent d’abord des formes d’actions existantes telles que les pétitions, les manifestations, les grèves, les tables rondes ou encore les réunions de quartiers ainsi que le fait d’appartenir à un syndicat ou une association bénévole. Ils associent également ces mouvements à des valeurs telles que la solidarité et l’engagement, et les assimilent plutôt à la Gauche qu’à la Droite sur le spectre politique. Les personnes qui s’expriment adoptent des tonalités assez différentes:
  • Certaines affichent leur enthousiasme concernant ces mouvements qui ont vocation à redonner des responsabilités ou du pouvoir aux citoyens : « Excellente initiative ! Je pense à Podemos en Espagne, Syriza en Grèce… Je pense à Stéphane Hessel et son opus « Indignez-vous ! ». Je pense au film documentaire « Demain » et son invitation à repenser la démocratie et la politique… Et je reprends (un peu) espoir ! » ;
  • Certains adoptent une approche plus neutre, plus descriptive: « Réunions de quartier – Tables rondes – Manifestations – Pétitions. » ;
  • Certains expriment des doutes sur ces démarches, les raisons qui motivent leurs participants et l’efficacité supposée de ces mouvements : « Je suis toujours très dubitative, j’ai souvent le sentiment que c’est une addition de défense d’intérêts personnels. » ;
  • Enfin, certains sont plus ouvertement critiques, et associent ces mouvements à des opérations de communication ne débouchant sur aucune amélioration réelle : « C’est de la com’ ! Pas de moyens, pas de possibilités d’action. »

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Davantage de Français considèrent que les citoyens sont capables de trouver des solutions pour le pays que les personnalités politiques.

  • Si les opinions spontanément émises sont diverses, 80% des Français s’accordent à dire que les citoyens sont capables de trouver des solutions efficaces aux problèmes que connaissent actuellement la France et les Français, dont même 30% tout à fait. Cette opinion est donc défendue par une large majorité de Français, quels que soient leur âge, leur catégorie socio-professionnelle ou leur nuance politique, y compris parmi les personnes qui ne se sentent proches d’aucune formation politique. Cette proportion atteint même 91% parmi les sympathisants du Front de Gauche. En revanche, seuls 33% des Français estiment que les personnalités politiques en sont capables, contre 66% d’avis opposé.

Plus de 8 Français sur 10 se déclarent favorables à plus de démocratie collaborative.

  • 82% se montrent alors favorables, et un tiers tout à fait favorables, au développement d’une démocratie collaborative, définie par Le Réveil de la France comme « un système politique où chaque citoyen peut proposer ses idées sans intermédiaire, c’est-à-dire sans délégation de pouvoir à des spécialistes, experts ou représentants politiques, participer directement à l’élaboration d’un projet politique commun et s’impliquer dans les décisions ». Les sympathisants de Gauche (90%) y sont un peu plus favorables que les sympathisants du Front National (87%) et surtout que les sympathisants des Républicains (69%).

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Une majorité de Français estime que le développement de la démocratie collaborative pourrait probablement déboucher sur des solutions efficaces.

  • En outre, ¾ des Français estiment qu’un tel développement serait certainement (19%) ou probablement (56%) susceptible de déboucher sur des solutions efficaces aux problèmes que connaissent la France et les Français. Certes, les Français n’affichent pas une certitude absolue mais estiment dans leur grande majorité qu’un développement de la démocratie collaborative pourrait être bénéfique. De nouveau les sympathisants de Gauche (81%) se montrent plus positifs que les sympathisants de Droite (67%).

Respect des promesses, défense de l’intérêt général et transparence sont attendus en priorité du prochain Président de la République.

  • Dans ce cadre, quelles sont les valeurs que devrait porter le prochain Président de la République élu en 2017 pour guider l’action politique ? Les Français aimeraient avant tout qu’il défende « le respect des promesses formulées » (59%), « l’intérêt général de tous les Français » (58%) puis « la transparence dans la prise de décisions » (41%). Ces trois principes priment sur « la participation des citoyens » (39%), de nouveau plus citée par les sympathisants du Front de Gauche (58%). Environ un répondant sur cinq cite ensuite « l’économie dans les moyens d’action utilisés » (22%), la « proximité avec les citoyens » (20%), « la valorisation de l’intelligence collective » (19%) ou encore « l’innovation par la libération des énergies créatrices » (17%). Relevons que seuls 5% souhaitent que le futur Président de la République mette l’accent sur « le numérique au service de la démocratie », signe qu’Internet n’est pas nécessairement aujourd’hui perçu comme le moyen le plus pertinent pour organiser la démocratie.
    Dans le détail, constatons que les salariés du public insistent plus que la moyenne sur « l’intérêt général », quand les salariés du privé mettent un peu plus en avant que les autres répondants « l’innovation par la libération des énergies créatrices ». Les personnes peu ou pas diplômées attendent plus de proximité de la part du prochain Président tandis que les plus diplômés espèrent davantage de la transparence.

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