Six mois à l’Elysée

Regard des Français sur le début de quinquennat d’Emmanuel Macron - enquête pour France 2

Enquête réalisée en ligne les 2 et 3 novembre 2017. Échantillon de 1 817 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).

Six mois à l’Élysée. Si ce n’est le temps du premier bilan, l’heure des premiers constats. Les Français, invités à se prononcer par Harris Interactive à la demande de France 2, portent un jugement critique sur ce premier semestre de présidence. Cette appréciation peut être doublement nuancée : politiquement ainsi que sur le fond politique. Politiquement, Emmanuel Macron parvient à conserver un socle d’opinion extrêmement positif au sein de son électorat de premier tour. Sur le fond politique, la posture régalienne illustrée par la présence de la France au niveau international ou encore la garantie de la sécurité lui est, au moins pour une majorité relative de Français, reconnue. Aux yeux des Français, si la politique d’Emmanuel Macron « penche » d’un côté, c’est plus à Droite qu’à Gauche. C’est ce qu’ils indiquent. C’est également (après le « sien ») auprès de l’électorat de François Fillon que les jugements sont les plus positifs à l’égard du Président.

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La critique d’une politique en faveur des riches est essentiellement l’émanation de populations n’ayant pas voté pour lui au premier tour de l’élection présidentielle (électeurs de Jean-Luc Mélenchon, de Benoît Hamon et de Marine Le Pen) tandis que ce mot est quasiment absent chez électeurs d’Emmanuel Macron comme de ceux de François Fillon. La déception vient plus de la Gauche que de la Droite, et – si l’on cherche un regard critique chez les électeurs du candidat Républicain – on observe que l’arrogance est mise en avant.

 

Au cœur de son électorat, on reconnait à Emmanuel Macron les réformes, le volontarisme, le dynamisme, le courage, l’efficacité, le renouveau… Pas, donc, d’expression critique de leur part.

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Lorsque l’on quantifie les jugements 35% des Français se déclarent satisfaits de la politique menée depuis 6 mois, alors que 59% indiquent être mécontents. On pourra constater qu’aux 5% de très satisfaits s’opposent 27% de très mécontents. Ici aussi, les jugements sont on ne plus contrastés politiquement : 80% des électeurs d’Emmanuel Macron comme 51% de ceux de François Fillon se déclarent satisfaits. Parmi les autres électorats, la satisfaction ne dépasse pas un répondant sur cinq.

Le Président répète à l’envi qu’il a entrepris et souhaite entreprendre un certain nombre de réformes. Parmi celles déployées depuis juin dernier, les répondants se satisfont de celles dont ils peuvent anticiper les effets immédiats (la suppression pour 80% des Français de la taxe d’habitation) et sont critiques à l’égard de celles donnant à voir soit d’une réduction du pouvoir d’achat (augmentation de la CSG même si celle-ci est présentée en même temps que la baisse des charges tout comme la baisse de 5 euros mensuels pour les APL), soit d’une rupture d’égalité (réforme de l’ISF, réforme du code du travail).

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En l’état actuel des choses, mais le coté récent des annonces peut constituer un caractère explicatif, ni la réforme des conditions d’accès à l’université, ni la loi sur le terrorisme ne suscitent – actuellement – ni acrimonie ni soutien net. Sur ce point aussi, les électeurs d’Emmanuel Macron mobilisent plus d’appréciations positives que les autres populations et, dans l’ensemble, ceux de François Fillon sont également plus en soutien. On remarquera que la suppression pour 80% des Français de la taxe d’habitation est appréciée par toutes les catégories de population mais un peu moins chez les électeurs de Droite. Peut-être sont-ils sensibles aux arguments portés par les acteurs territoriaux.

 

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Il est des questions que l’on ne parvient pas, en France, à esquiver. Notamment celle du positionnement politique. Emmanuel Macron avait promis de mener une politique et de Gauche et de Droite. C’est ce qui lui est reconnu par une majorité relative de Français (45%). Électeurs d’Emmanuel Macron comme de François Fillon mais également de Marine Le Pen lui reconnaissent, nettement pour les premiers, un peu moins pour les électeurs d’extrême-droite, cette attitude politique. Notons que, lorsque les électeurs sont enclins à considérer que la balance « penche » plus d’un côté que de l’autre, elle incline selon eux nettement plus à Droite qu’à Gauche. Cette appréciation entrant en résonance avec ce que nous avons identifié précédemment à savoir une politique jugée en faveur des riches.

D’ailleurs, l’action menée en un semestre est, aux yeux des personnes interrogées, plutôt favorable aux catégories supérieures (pour 63% des répondants). Toutes les catégories de population, quel que soit leur vote il y a six mois, portent majoritairement ce jugement au moins en relatif. Même celles ayant accordé leur suffrage à Emmanuel Macron.

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Comme souvent, l’objectif soit de s’adresser aux « classes moyennes », thème équivoque s’il en est, ou à aucune catégorie en particulier ne semble pas plus atteint cette fois-ci que lors des mandats présidentiels précédents.

 

Enfin, notons une confiance – ici aussi soit pour une majorité absolue ou relative de Français – dans le Président sur deux points. Et non des moindres : le fait d’assurer « un poids important de la France au niveau international » et d’assurer « la sécurité en France ». 44% estiment par ailleurs qu’il peut réformer la France (contre 49% qui ne lui font pas confiance sur ce point).

 

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La confiance n’est pas présente lorsqu’il s’agit « d’accroitre le pouvoir d’achat des Français » ou encore de « rassembler les Français ».

Le régalien lui est accordé, les conséquences économiques ou sociales de sa politique pas.

Après six mois de présidence, Emmanuel Macron est jugé assez sévèrement tant sur sa politique (considérée comme étant plutôt en faveur des catégories supérieures) qu’en tant que personne (le qualificatif d’arrogant lui étant accolé). Aujourd’hui, les Français mettent moins en avant le renouveau ou la jeunesse que le fond de ce qu’il fait et la manière dont il œuvre. A la question qui pouvait se poser : « A-t-il endossé les « habits de Président » ? », la réponse est positive. Elle l’est d’autant plus qu’on lui accorde une confiance concernant le régalien.

Le Président, qui ne parvient pas tout-à-fait à convaincre les Français qu’il mène une politique et de Gauche et de Droite parvient malgré tout à conserver son électorat de premier tour et à susciter confiance voire soutien en tous points de leur part. Il bénéficie également d’un regard bienveillant de la part d’une majorité d’électeurs de François Fillon. Les critiques venant donc essentiellement d’électeurs n’ayant pas voté pour lui au premier tour.

On notera toutefois (est-ce lié au fond politique, à la forme de la communication et des prises de parole présidentielles ?) qu’il n’arrive pas à donner le sentiment qu’il peut « rassembler les Français ». Il s’agit d’un mantra important en politique. Peut-être encore plus important pour Emmanuel Macron que pour ses prédécesseurs. Et, sur ce point, il ne suscite pas – après six mois de présidence – la confiance des Français.

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