Que pensent les Français de l’Ubérisation ?

Mythe ou réalité ? Menace ou opportunité ?

Enquête réalisée en ligne du 02 au 04 février 2016. Échantillon de 1 017 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).

Alors que les phénomènes d’Ubérisation se développent dans différents secteurs, suscitant dans la société évolutions et interrogations, louanges et critiques, et que le terme se fait de plus en plus présent dans le discours médiatique, Harris Interactive a réalisé une étude auprès des Français pour évaluer ce qu’ils savent de ce phénomène, ce qu’ils en comprennent et la manière dont ils l’appréhendent.

 

Quels sont les principaux enseignements de cette enquête ?

  • Spontanément, les Français associent avant tout l’Ubérisation aux « taxis », à une « nouvelle » forme « d’économie » et de « service » avec une ouverture à la « concurrence » parfois perçue comme salutaire pour casser les « monopoles » sectoriels ou au contraire considérée comme « déloyale ». La plupart des Français semblent donc comprendre ce que ce terme recouvre, sans que cela soit encore un concept que tous se sont appropriés (23% indiquent ne pas savoir ce que ce mot signifie), sans qu’un regard consensuel émerge sur le sujet et sans qu’ils arrivent tout à fait à se projeter au-delà de l’exemple d’Uber.Uberisation-enquete-harris-interactive
  • Après explicitation du terme, les Français associent avant tout l’Ubérisation à des offres plus compétitives (83%) et mieux adaptées aux attentes des consommateurs (80%) mais une majorité considère également qu’il va de pair avec les notions d’emplois précaires (70%) et de destruction de secteurs professionnels (66%). 58% l’associent enfin à l’idée d’économie collaborative.
    Ces chiffres confirment en plus des propos spontanés que les Français tendent à la fois à voir l’Ubérisation comme un phénomène portant des évolutions positives (notamment pour les consommateurs) et des changements plus risqués (notamment en termes d’emploi).
    On note que les plus âgés et les personnes vivant en province se révèlent un peu plus critiques à l’égard de ce concept que la moyenne alors que les jeunes, les Franciliens et les personnes en recherche d’emploi se montrent plus sensibles aux bénéfices qu’ils y associent.
  • Lorsqu’on les interroge sur les secteurs aujourd’hui concernés par l’Ubérisation et ceux qui pourraient l’être, les Français évoquent avant tout le transport (95% dont 81% pour qui l’Ubérisation y est déjà en cours) puis de manière plus projective l’hôtellerie (89% dont 57%) et la distribution (86% dont 42%) et dans une moindre mesure les télécoms (73% dont 29%), les assurances (71% dont 23%), les médias (69% dont 26%) et la banque / finance (68% dont 30%). La politique et la justice sont en revanche considérées comme des secteurs plus difficilement « ubérisables » (respectivement 36% et 29% dont 9% et 7%).On note que les moins de 25 ans envisagent nettement plus souvent une Ubérisation des médias (78% contre 69% en moyenne), probablement du fait de leur usage plus fréquent des réseaux sociaux comme émetteurs et vecteurs d’information.
  • Les entreprises les plus souvent désignées comme contribuant au phénomène d’Ubérisation sont Uber, Airbnb et Blablacar, les grandes entreprises du web (Amazon, Google, etc.) étant ensuite citées en mineur ainsi que les banques en ligne.
  • Finalement lorsqu’on leur demande de se prononcer sur le phénomène d’Ubérisation, les Français tendent plutôt à le considérer comme une bonne chose en tant que consommateur (64%) alors que les personnes exerçant actuellement une activité professionnelle se montrent divisées en tant qu’acteurs du monde du travail (52%). Si la plupart des Français parviennent relativement bien à appréhender le terme Ubérisation et sa signification, il ressort de cette enquête que leur opinion sur le sujet reflète la complexité des enjeux qu’il porte, les intérêts des consommateurs pouvant parfois aller à l’encontre de ceux des professionnels.

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