Les nouvelles attentes des Français en matière de santé

Enquête Harris Interactive pour AG2R La Mondiale

Enquête réalisée en ligne du 6 au 8 novembre 2018. Échantillon de 1 000 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).

 

AG2R La Mondiale organise, le 30 novembre 2018, en partenariat avec Terra Nova, un colloque centré sur la question des nouvelles attentes des Français en matière de santé. Afin de mieux comprendre ces attentes et de donner matière à réflexion aux participants à ce colloque, AG2R La Mondiale a sollicité Harris Interactive afin d’interroger les Français sur leur conception de la santé aujourd’hui et de les faire s’exprimer sur les préoccupations qui les animent dans ce domaine.

 

Que retenir de cette enquête ?

 

Être en bonne santé, ça veut dire quoi ?

  • Lorsqu’ils évoquent spontanément ce que signifie pour eux « être en bonne santé », les Français évoquent d’abord le fait de ne pas être malade ou de ne pas avoir de maladie. Cet aspect en est même d’ailleurs la définition pure et simple pour près de la moitié de la population : en effet, pour 47% des Français, on peut estimer qu’une personne peut être considérée en bonne santé à partir du moment où elle n’est pas malade. Cependant, pour 52% d’entre eux, la bonne santé ne se résume pas à cela, et de nombreux autres aspects sont spontanément évoqués, comme le bien-être, la forme physique, le fait de bien manger, de se sentir bien dans son corps, de faire du sport, etc.

 

  • Pour la grande majorité des Français, au-delà du fait de ne pas être malade, différentes dimensions sont importantes dans l’idée qu’ils se font de la bonne santé. Dans le détail, la plupart d’entre eux estiment qu’il est primordial, pour considérer qu’on est en bonne santé, d’être bien dans sa tête (très important pour 68% d’entre eux), d’être en pleine possession de ses capacités intellectuelles (69%) et physiques (62%) et de se sentir bien dans son corps (60%). Les bonnes relations aux autres (famille, proches, collègues) sont également prépondérantes pour 44% des interviewés.

 

  • Pour être en bonne santé, la composante environnementale est également considérée comme très importante pour une majorité de Français. 70% d’entre eux – et jusqu’à 76% chez les plus jeunes – ont en effet le sentiment que l’environnement dans lequel ils évoluent (climat, qualité de l’air, qualité de l’eau, etc.) a un impact fort sur leur santé.

 

Les nouveaux enjeux de la santé : maladies professionnelles et addictions

  • Ayant à se prononcer sur différents types d’enjeux en matière de santé, les Français considèrent qu’il y aurait aujourd’hui des disparités de prise en charge les concernant. Ainsi, les maladies chroniques (70%) et les problèmes de santé qui ne sont pas liés au travail (64%) apparaissent comme des problèmes bien traités au niveau national. En revanche, à l’autre bout du spectre, d’autres sont majoritairement considérés comme mal pris en charge, comme les problèmes psychologiques liés au travail de type stress, angoisse, burn out (69%), la dépendance (64%) et les problèmes de santé physique liés au travail (57%). La gestion de l’accès aux soins pour tous, de même que la question du traitement des addictions, divisent les Français, la moitié d’entre eux estimant que ces enjeux sont bien pris en charge, l’autre moitié que ce n’est pas le cas.

 

  • Alors que les problèmes de santé liés au travail sont majoritairement vus comme mal traités en France, les Français estiment qu’ils sont particulièrement dans l’air du temps et qu’ils en entendent plus parler aujourd’hui qu’il y a 10 ans : c’est surtout le cas concernant les problèmes d’ordre psychologique (69%) mais aussi, de manière un peu moins prononcée, les problèmes de santé physique liés au travail (56%). Ils expriment également le sentiment que plusieurs sujets spécifiques au monde professionnel mériteraient davantage d’attention. Le bore out (ennui au travail), le burn out (épuisement professionnel), et les questions de pénibilité physique au travail, pour plus de 6 Français sur 10, sont ainsi vus comme insuffisamment pris en compte dans la société française.

 

  • La question des addictions, particulièrement émergente elle aussi selon les Français (58% ont le sentiment qu’on en entend plus parler qu’il y a 10 ans) représente également une source d’inquiétude. S’ils ont le sentiment que certaines d’entre elles, correspondant à des enjeux connus depuis longtemps, sont plutôt bien prises en charge, comme l’addiction au tabac (61%), à l’alcool (57%) ou aux drogues (53%), d’autres apparaissent comme bien plus en souffrance. En particulier, les Français estiment que les addictions liées aux nouvelles technologies numériques sont aujourd’hui encore mal accompagnées, qu’il s’agisse de l’addiction aux jeux vidéo (mal prise en charge pour 75% d’entre eux), aux réseaux sociaux (77%) ou au smartphone (78%).

 

 

Pour une meilleure santé demain, l’avenir dans le numérique ?

  • Si elles inquiètent en tant que sources potentielles d’addiction, les nouvelles technologies sont aussi perçues positivement par les Français dans le cadre d’une prise en charge médicale, notamment en ce qui concerne les maladies chroniques. Si leur traitement est plutôt vu comme bien pris en charge aujourd’hui (70%), il pourrait être encore amélioré grâce à des outils de e-santé, utiles aux patients au quotidien. Les Français encouragent ainsi le développement de systèmes d’alerte numériques permettant aux malades de prévenir leurs proches en cas d’urgence (jugés utiles par 91% d’entre eux), le déploiement d’un dispositif de dossier médical centralisé (90%) et le recours à des objets connectés pour suivre sa santé et ses traitements au quotidien (78%).

 

  • Avoir recours à des solutions numériques n’est cependant pas considéré, à l’heure actuelle, comme la solution privilégiée en cas de difficulté d’accès à des soins. S’ils souffraient d’un problème de santé de gravité moyenne (de type angine, otite ou rhinopharyngite) mais n’avaient pas accès immédiatement à leur médecin traitant, les Français choisiraient ainsi en premier lieu de pratiquer l’automédication (44%) ou d’attendre le temps nécessaire pour consulter leur médecin (31%), bien avant de se tourner vers les prestations de soins à domicile (18%) et finalement vers la téléconsultation (16%).

 

  • Quant à la question de la dépendance, sujet dont une majorité de Français considère qu’on parle de plus en plus depuis 10 ans (60%) et souvent jugé comme mal pris en charge aujourd’hui (64%), elle est perçue sous l’angle d’une double priorité pour l’avenir : le développement des aides pour les personnes qui elles-mêmes s’occupent de personnes en situation de dépendance (37%), mais surtout, le développement de dispositifs permettant de maintenir le plus longtemps possible chez elles les personnes en perte d’autonomie (53%), que ce soit grâce à des aides à domicile, un accompagnement médical spécifique ou une adaptation de leur logement, autant de dimensions où le numérique pourrait jouer un rôle.

 

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