Les Français et la prostitution

Sondage Harris Interactive pour Grazia

Les Français et la prostitution

Sondage Harris Interactive pour Grazia

Enquête réalisée en ligne du 25 au 26 juin 2012. Echantillon de 811 individus représentatifs de la population française âgée de 18 ans et plus, à partir de l’access panel Harris Interactive. Méthode des quotas et redressement appliquée aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).

Paris, le 29 juin 2012 – A la demande de Grazia, et suite à l’annonce par la Ministre des Droits des Femmes, Najat Vallaud-Belkacem, de son intention de faire disparaître la prostitution en France, Harris Interactive a interrogé un échantillon représentatif de Français sur cette éventuelle disparition de la prostitution. Est-elle jugée souhaitable ? Est-elle jugée possible ? Qui la loi devrait-elle sanctionner en cas d’infraction ? Sur quel diagnostic se fonderait cette interdiction, et quels risques cette interdiction pourrait-elle poser ?

 

Que retenir de cette enquête ?

 

  • Les Français sont partagés sur le principe même de disparition de la prostitution : 43% jugent que cela serait une bonne chose (dont 10% vont même jusqu’à la qualifier de « très bonne chose »), quand 54% estiment au contraire qu’il s’agirait d’une mauvaise chose (dont 17% indiquant même que cela serait une « très mauvaise chose »). Notons que les femmes portent un regard plus positif que les hommes sur une éventuelle disparition de la prostitution : 49% des femmes jugent qu’il s’agirait d’une bonne chose, pour seulement 38% des hommes.
  • Cette réticence s’explique sans doute en partie par le sentiment, quasi unanimement partagé, qu’il n’est pas possible de faire disparaître la prostitution en France : 93% des Français émettent ce diagnostic fataliste, partagé aussi bien par les hommes que par les femmes (93% dans les deux cas).

 

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  • Du fait de leur réticence à interdire la prostitution, les Français ne souhaitent pas majoritairement que la loi sanctionne les personnes prostituées ou leurs clients. Néanmoins, soulignons que les Français attendent davantage une sanction à l’égard des clients (46% jugent que la loi devrait les sanctionner) qu’à l’égard des personnes prostituées (32% jugent que la loi devrait les sanctionner). Notons que les femmes portent un regard sensiblement plus sévère, tout particulièrement concernant les clients : 59% jugent que la loi devrait les sanctionner, alors que ce souhait n’est partagé que par 32% des hommes.
  • Si les sanctions devraient plus toucher les clients que les prostituées, c’est essentiellement parce qu’une large majorité de Français considère que les personnes prostituées sont le plus souvent des victimes de réseaux criminels et qu’elles n’ont pas choisi librement leur activité : 80% partagent cet avis, aussi bien parmi les hommes que parmi les femmes. Pour autant, les Français jugent de façon quasi unanime (93% d’accord) que l’interdiction de la prostitution aurait au moins un effet pervers, à savoir celui de pousser les personnes prostituées dans la clandestinité, les rendant, à leurs yeux, plus vulnérables encore. Si les Français se montrent partagés sur l’interdiction de la prostitution, ce n’est donc pas parce qu’ils considèrent qu’il s’agit d’un secteur d’activité comme un autre, puisqu’ils lui attribuent un caractère criminel, mais bien parce qu’ils ne perçoivent pas en quoi une interdiction légale permettrait d’améliorer la situation des personnes prostituées aujourd’hui.

 

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