Les Français et la colocation

Enquête Harris Interactive pour Badi

Enquête réalisée en ligne du 21 ou 28 novembre 2018. Échantillon de 1300 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, dont 578 personnes ayant déjà vécu en colocation, représentatifs de cette population. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).

 

Afin d’accompagner le lancement de son service en France, Badi, la startup spécialisée dans la recherche de colocation et de colocataires a souhaité interroger les Français sur leur perception de ce mode de vie en communauté. Auberge espagnole ou logement organisé, réservées aux étudiants ou destinées également aux actifs, bruyantes ou conviviales, comment les Français imaginent-ils les colocations aujourd’hui ? Pourraient-ils, et sous quelles conditions, envisager ce mode de vie ? Et pour ceux qui, aujourd’hui ou à un moment de leur vie, ont choisi de vivre en collectif, quel retour d’expérience ? Qu’attendre du colocataire idéal et surtout, que redouter du pire ?

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Que retenir de cette enquête ?

 

Les représentations associées à la colocation : économies, jeunesse et partage

  • Si l’on en croit les Français, la recherche d’appartements est une activité complexe. Ils l’associent à des frais importants, ainsi qu’à la nécessité de recourir à des agences immobilières afin de trouver un logement idéal selon leurs nombreux critères (localisation, environnement, commerces, superficie, etc.), un processus associé par nombre d’entre eux à une « galère ». En revanche, le champ lexical associé spontanément à la colocation apparaît nettement plus positif. Economies, entente, convivialité et partage définissent ce mode de vie perçu comme économique pour beaucoup, malgré quelques évocations négatives, qui soulignent la difficulté de trouver le(s) bon(s) colocataire(s) et la nécessité d’une bonne organisation.
  • Dans l’ensemble, comme leurs représentations spontanées le laissent envisager, les Français ont une bonne image de la colocation (70%), un sentiment d’autant plus partagé (82%) chez ceux qui ont déjà pu en faire l’expérience. Dans l’imaginaire collectif, qu’on en ait déjà fait l’expérience ou non, une colocation représente avant tout la mise en commun de ressources (89%), la convivialité (88%) et l’ouverture aux autres (87%), mais également la possibilité de réaliser des économies (87%). De loin, ces associations positives dépassent les difficultés qui peuvent être redoutées dans ce mode de vie, les principales, pour les Français, étant le manque d’intimité (80%) et le bruit (74%). La possibilité de conflits (66% estiment qu’il s’agit d’un trait qui correspond bien à la colocation), le risque de désordre (65%) ou de saleté (47%), s’ils existent pour les Français, sont des traits seulement secondaires de la colocation qui revêt un imaginaire principalement enjoué. Et ceux qui l’ont vécue en témoignent, eux qui insistent particulièrement sur les différentes qualités de ce mode de vie, notamment en ce qui concerne le sentiment de liberté qui lui est associé : 76% (+7 points par rapport à l’ensemble) indiquent qu’il s’agit d’un type de logement facile d’accès qui évoque pour eux la liberté de changer (69% +6 points).
  • Dans l’esprit des Français, la colocation revêt certains contours stéréotypiques. Si elle est perçue largement par tous comme convenant aussi bien aux hommes qu’aux femmes (90%), elle est plutôt imaginée comme un mode de vie convenant particulièrement aux jeunes (61%), quoique 38% estiment également qu’elle peut être envisagée pour tous les âges. De la même manière, elle perçue comme bien adaptée à tous les types d’activités professionnelles (52%), mais semble tout de même pour 46% être mieux adaptée aux étudiants. Aux yeux des Français, la colocation est également plutôt destinée aux profils célibataires (70%) et pour des séjours courts ne dépassant pas un an (40%). Auberge espagnole aux multiples habitants ou colocation à deux, les Français peuvent imaginer tout aussi bien les deux types d’habitat.

 

L’expérience de la colocation : convivialité et bons souvenirs

  • 28% des Français déclarent avoir connu une expérience colocative, actuellement ou par le passé. Signe qu’il s’agit d’une pratique qui se démocratise particulièrement au fil des dernières années, les plus jeunes générations déclarent beaucoup plus largement avoir fait le choix, à un moment de leur vie, d’habiter à plusieurs. Le phénomène aurait déjà concerné 34% des Français aujourd’hui âgés de 35 à 49 ans, 40% des ceux actuellement âgés de moins de 35 ans.
  • Pour ceux qui l’ont vécue, le choix de la colocation a été en premier lieu un choix économique : 91% estiment qu’il s’agit d’un facteur important dans leur décision (dont 44% un choix très important). Corrélée au prix de la location, la possibilité d’obtenir un logement plus grand que ce qu’ils pouvaient espérer seuls à été déterminante pour 72%. Nombreux sont également ceux qui ont vu dans la colocation le moyen le plus simple de trouver un logement (83%), voire qui se sont vus confrontés à l’impossibilité de trouver un logement seul (68%). Mais ces arguments pratiques ne sont pas les seuls à compter : habiter avec des amis (68%) ou même avoir envie de rencontrer de nouvelles personnes (57%) ont été des motivations importantes pour la majorité des colocataires, mettant en valeur la convivialité associée à ce mode de logement.
  • Pour l’immense majorité (84%) des personnes qui l’ont vécue, la colocation est considérée comme une bonne expérience, 24% la décrivant même comme une très bonne étape. Et pour cause, lorsqu’ils évoquent leurs expériences, les colocataires d’hier et d’aujourd’hui accentuent particulièrement ses bons côtés : synonyme d’économies (91%), de mise en commun (89%), de convivialité (87%), d’animation (86%) et d’ouverture (86%). Les difficultés du quotidien, comme les conflits (60% n’en ont que rarement ou jamais expérimenté) ou les problèmes de ménage (58%) apparaissent à nouveau comme minoritaires face aux caractéristiques positives. Néanmoins, les Français qui ont vécu la colocation semblent relire leur expérience avec une nostalgie de plus en plus bienveillante avec les années. Les plus jeunes, qui ont eu l’expérience a priori la plus récente, mettent un peu moins l’accent sur les aspects positifs et pointent davantage les difficultés liées aux conflits et aux désordres, quand les plus âgés tendent à les atténuer.

 

S’imaginer en colocation : des attentes bien définies par les Français

  • 25% des Français déclarent qu’ils pourraient envisager de vivre au sein d’une colocation à l’avenir, un chiffre élevé, si on considère qu’en France, plus de la moitié des habitants ont plus de 50 ans et sont propriétaires. Cette solution intéresse particulièrement les hommes (29%), les plus jeunes (44% chez les Français de 18 à 24 ans), mais également les plus diplômés (30%) et les personnes aujourd’hui célibataires. Ceux qui ont déjà habité en colocation confirment leur affection et leur bonne impression générale de ce mode de vie, 48% affirmant qu’ils seraient prêts à renouveler l’expérience.
  • S’ils étaient amenés à suivre ce mode de vie, les Français ont une idée relativement précise du colocataire avec qui ils souhaiteraient habiter. Si 51% se disent indifférents au genre, 38% déclarent qu’ils préfèreraient vivre avec une femme, si possible plutôt une personne jeune (36%) mais qui travaille (62%) et plutôt une personne célibataire (66%). Pour la plupart (51%), les Français s’envisagent plutôt dans une vie en collectivité restreinte à un(e) seul(e) autre colocataire que dans une vie en tribu. Surtout, au-delà des modalités pratiques de cette vie commune, les Français manifestent certaines exigences à l’égard de la personne avec qui ils devraient vivre. Les prérogatives liées à l’entretien (95% prioritaire dont 69% tout à fait prioritaire) et au ménage (94%) des parties communes apparaissent comme particulièrement prioritaires, de même que le respect de la tranquillité, 92% estimant primordial que leur colocataire les prévienne à l’avance s’il devait recevoir des invités dans le logement. Si ce ne sont pas des caractéristiques aussi déterminantes, les Français verraient avec bienveillance un colocataire qui prévienne lorsqu’il ou elle s’absente (68% mais seulement 21% tout à fait prioritaire) ou qui propose de partager ensemble des activités (dîners, sport, culture, etc. : 47%).
  • Le profil du colocataire idéal semble répondre à ces différentes exigences, les premières qualités attendues étant que le colocataire fasse sa part du ménage (71%), veille à garder les parties communes propres (65%), prévienne avant d’inviter d’autres personnes (52%), mais aussi achète sa part de produits en commun (47%) et évite de faire trop de bruit (42%). Ces dimensions priment très largement sur les qualités personnelles du colocataire, comme le fait qu’il soit toujours de bonne humeur (24%) ou qu’il se montre disponible pour passer du temps en commun (8%), des qualités qui cependant, comptent un peu plus pour les hommes et les plus jeunes. Les défauts les plus redoutés font largement écho aux qualités les plus idéalisées : les Français craignent par-dessus tout un colocataire qui ne fasse pas le ménage (60%) ou n’entretienne pas le logement (59%), comme un colocataire bruyant (53%) ou qui pioche dans des courses qui ne soient pas à lui (41%). La bonne composition, si elle n’est pas particulièrement attendue comme une qualité, reste un sujet d’attention pour les Français, dont 37% redoutent un colocataire qui soit toujours de mauvaise humeur et 20% craignent surtout un profil qui fasse souvent des remarques sur leur comportement au quotidien.

 

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