Le handicap au sein des établissements scolaires

Sondage Harris Interactive pour APAJH

Enquête réalisée par Harris Interactive en ligne du 20 au 24 août 2018. Échantillon de 2 000 personnes représentatif des Français âgés de 25 à 65 ans, au sein duquel ont été interrogés 686 parents d’enfants de 3 à 15 ans. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).

 

Quel regard pour les parents d’enfants âgés de 3 à 15 ans portent-ils ?

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  • Spontanément, les parents évoquent la scolarisation des enfants en situation de handicap sous le prisme d’une difficulté omniprésente, touchant à la fois les enfants concernés (difficultés d’intégration, manque d’infrastructures adéquates, etc.) et les équipes pédagogiques (manque de formation, manque de moyens, difficultés de gestion, etc.).

 

  • L’intégration des élèves en situation de handicap pose en effet question pour les parents, pour les parents, qui portent un jugement inégal en fonction des différents types d’établissements. Si, pour près de la moitié d’entre eux (47%) ils estiment que ces élèves sont bien intégrés dans les classes de maternelle, la capacité d’accueil des établissements décline dès l’élémentaire (35% bien intégrés) pour atteindre un niveau plus faible encore au collège (24% bien intégrés). Alors que les parents qui ont des enfants dans le cycle d’études primaires se montrent plus cléments à l’égard de ces établissements, ceux qui ont des enfants au collège se montrent tout aussi pessimistes que les autres parents quant à l’intégration des élèves en situation de handicap à cette étape de la vie scolaire. 68% des parents estiment ainsi que plus les élèves avancent en âge, plus il est difficile pour ceux en situation de handicap de s’intégrer aux classes.

 

  • Si 77% des parents estiment que les élèves en situation de handicap sont aujourd’hui mieux accueillis qu’il y a 10 ans dans les établissements scolaires, ils constatent que la marge de progrès est encore large dans les différentes écoles que fréquentent leurs enfants, et cela pour tous les types de handicap. Les parents jugent ainsi majoritairement ces établissements mal préparés/équipés, qu’il s’agisse d’accueillir les élèves en situation de handicap moteur (63%), de handicap sensoriel (69%) ou de handicap psychique ou mental (72%), type de handicap qui souffre, selon eux du plus grand retard en termes d’initiatives prises par les établissements. On constate que les parents qui déclarent la présence d’élève en situation de handicap dans l’établissement de leur(s) enfant(s) se montrent un peu moins critiques. Comme précédemment, on retrouve chez les parents le sentiment que la préparation et l’équipement des établissements scolaires décline, quel que soit le handicap envisagé, de la maternelle au collège.

 

  • Ces différents constats établis, les parents font état de leur intérêt personnel pour la question de la scolarisation des enfants en situation de handicap (63%), tout en partageant leur sentiment de plutôt mal en connaître les enjeux (41% seulement se sentent suffisamment informés), si bien que 74% d’entre eux affirment souhaiter être davantage informés sur le sujet.

 

  • Malgré ce manque d’information que les parents expriment en filigrane, ils ont de fortes convictions quant à l’accueil des élèves en situation de handicap au sein établissements scolaires, notamment concernant les bénéfices mutuels que peuvent tirer ces enfants et les autres d’une cohabitation au sein des classes. 90% estiment ainsi qu’il est positif pour les élèves non-handicapés de suivre une scolarité avec un / des élève(s) en situation de handicap, la réciproque étant tout aussi vraie pour 87% des parents. Ceux-ci regardent également les aménagements effectués pour les élèves en situation de handicap dans les établissements avec bienveillance, 80% estimant qu’ils peuvent servir et être utiles à tous les élèves. Cependant, derrière un a priori très favorable à la mixité et à la présence d’élèves en situation de handicap dans les classes, une part non négligeable des parents témoigne de certaines inquiétudes : 30% craignent ainsi de voir la présence d’enfants en situation de handicap ralentir le rythme de la classe, et presque tout autant redoutent que les aménagements mis en place pour ces élèves perturbent les autres ou les avantagent au détriment des autres. Entre esprit d’ouverture et doutes, les parents se positionnent finalement pour une plus grande mixité et une meilleure intégration, 86% d’entre eux encourageant une plus grande ouverture des établissements scolaires aux élèves en situation de handicap, y compris dans la classe de leurs enfants (86% également).

 

  • Dès lors, comment favoriser cette plus grande ouverture ? Le déploiement de davantage de personnels accompagnants (AESH, ex-AVS) apparaît pour les parents comme le premier moyen à envisager pour permettre une meilleure scolarisation des enfants en situation de handicap (63%). Ce renforcement des équipes parascolaires va pour eux de pair avec l’adaptation des infrastructures scolaires (53%) et une meilleure (in)formation des équipes pédagogiques sur la question du handicap et la manière de l’intégrer à l’école (50%). Compte tenu de la nature des priorités perçues pour une meilleure scolarisation de ces élèves, les parents identifient l’Etat (63%) comme premier référent de la prise en charge du handicap à l’école. Les établissements scolaires eux-mêmes, par le biais des équipes éducatives (48%) et des directeurs d’établissements (34%) sont les seconds interlocuteurs envisagés, faisant là aussi, écho à l’idée que l’investissement et la formation de ces équipes est un levier fondamental de l’intégration. Eux-mêmes en tant que parents ne se sentent collectivement que peu investis de cette mission (14%).

 

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