La lutte contre les discriminations en Europe

Comment sont perçues différentes propositions de mesures pour lutter contre les discriminations en France, au Royaume-Uni et en Espagne ?

Enquête réalisée en ligne les 16 et 17 décembre 2015. Échantillons représentatif de la population nationale âgée de 18 ans et plus : 1 050 personnes en France, 1 050 personnes au Royaume-Uni, 930 personnes en Espagne. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).

À la demande de la Maison des Potes, Harris Interactive a réalisé un sondage dans 3 des principaux pays européens pour interroger leurs habitants sur différentes mesures envisageables afin de lutter contre les discriminations. Conduite simultanément en France, au Royaume-Uni (R-U) et en Espagne, cette enquête cherchait à mesurer l’adhésion ou au contraire l’opposition suscitée par ces mesures, dans des contextes nationaux différents.

Cette enquête internationale faisait suite à deux sondages préalables réalisés en France par Harris Interactive pour la Maison des Potes, le premier en avril 2014 sur l’efficacité associée à différentes mesures de lutte contre les discriminations [1] , le second en juillet 2014 sur des mesures concernant plus précisément des stages en entreprise [2].

[1] http://harris-interactive.fr/opinion_polls/le-regard-des-francais-sur-des-mesures-contre-les-discriminations/

[2] http://harris-interactive.fr/opinion_polls/enquete-dopinion-dans-le-cadre-de-la-conference-sociale/

 

Quels sont les principaux enseignements de cette enquête ?

  • Quel que soit le pays considéré, plus de deux personnes sur trois se déclarent favorables à quatre mesures: garantir la même rémunération et la même retraite à toutes les personnes exerçant le même travail, quelle que soit leur nationalité (82% favorables en France, 76% au Royaume-Uni, 89% en Espagne) ; renforcer les sanctions juridiques en Europe contre les employeurs coupables de discrimination (80% en France, 82% au R-U, 90% en Espagne), autoriser les recours collectifs en justice pour les victimes d’une même discrimination (75% en France, 69% au R-U, 86% en Espagne) et enfin anonymiser les candidatures examinées par les employeurs (72% en France, 75% au R-U, 83% en Espagne).

 

  • Trois autres mesures suscitent des jugements plus contrastés, les Espagnols s’y montrant certes toujours largement favorables, tandis que Français et Britanniques se montrent plus partagés : régulariser les travailleurs étrangers sans papiers disposant d’un contrat de travail (56% favorables en France, 58% au R-U, 77% en Espagne), autoriser les étrangers non-communautaires à devenir titulaires de la fonction publique (53% en France, 60% au R-U, 70% en Espagne) et enfin élargir le droit de vote aux élections municipales et européennes aux étrangers non-communautaires (48% en France, 56% au R-U, 71% en Espagne).
    Sur ces deux derniers points, précisons que les personnes interrogées étaient informées que ces dispositions existent déjà en ce qui concerne les étrangers issus de pays membres de l’Union européenne, une information qui n’est probablement pas uniformément partagée au sein du grand public.

 

  • De façon transversale, les Espagnols se montrent systématiquement les plus favorables à chacune des mesures considérées, tandis que les Français et les Britanniques expriment des jugements plus nuancés.
    Rappelons que par le passé, l’Espagne a déjà mis en œuvre des vastes procédures de régularisation des étrangers sans papiers (notamment en 1996 et en 2005), ce qui participe sans doute à expliquer l’attitude particulièrement favorable des Espagnols à ce sujet (77% favorables à la régularisation des travailleurs sans papiers, contre moins de 60% en France et au R-U).

 

  • Toutes mesures confondues, soulignons également que certaines catégories de population se montrent presque toujours plus favorables que la moyenne aux différentes mesures. Dans tous les pays observés, les jeunes (18-34 ans) et les personnes dont au moins un parent ne disposait pas de la nationalité à sa naissance sont plus nombreux à se déclarer favorables à chacune de ces propositions. Il en va de même en France pour les sympathisants d’une formation politique de Gauche, ainsi que pour les Britanniques proches du Parti Travailliste (Labour Party) et des Libéraux-Démocrates (Liberal Democrats).
    En Espagne, si les mesures les plus appréciées suscitent un certain consensus, celles clivant un peu plus (à l’image du droit de vote aux élections locales ou de l’accès au poste de titulaire dans la fonction publique) sont également davantage soutenues par les personnes s’identifiant à une formation politique de Gauche, principalement le PSOE ou Podemos.

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