Étude sur la prise en charge de la perte d’autonomie

Une enquête Harris Interactive pour La Mutualité Française

Enquête réalisée en ligne du 7 au 14 mai 2018. Échantillon de 1 079 personnes, représentatif des Français âgés de 45 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).

 

Dans la perspective de son 42ème Congrès, ayant lieu du 13 au 15 juin 2018 à Montpellier, la Mutualité française a sollicité Harris Interactive afin de réaliser une étude sur la perception de la prise en charge de la perte d’autonomie auprès des Français âgés de 45 ans et plus, c’est-à-dire les générations potentiellement les plus concernées par ce sujet, que ce soit directement ou indirectement (via un rôle d’aidant), que ce soit à court ou à plus long terme.

Comment les Français de 45 ans et plus envisagent-ils aujourd’hui la question de la dépendance ? Quelles sont leurs attentes principales à ce sujet ? En qui ont-ils confiance pour les aider à préparer l’avenir ? Telles sont certaines des questions traitées au sein de cette étude.

 

La dépendance : un sujet qui inquiète les Français

  • De manière générale, les Français se montrent partagés quant à leur vision du futur : à peine plus de la moitié d’entre eux déclarent avoir confiance en l’avenir (54%). Mais tous les sujets ne les préoccupent pas de la même façon. Quand il se projettent vers le futur, ils se montrent avant tout inquiets à l’égard des questions de santé : diminution des capacités physiques ou intellectuelles (79% déclarent s’en inquiéter beaucoup ou plutôt), risque de maladie (77%), risque de dépendance pour soi-même (77%). Et c’est encore plus particulièrement le cas en ce qui concerne les plus âgés d’entre eux. Le risque de dépendance pour ses proches est également une préoccupation importante pour une large majorité (72%), mais celle-ci touche avant tout les actifs de 45 à 54 ans, qui pensent ici principalement à la génération de leurs parents.
  • Juste derrière les problèmes de santé, la perspective de connaître des difficultés financières inquiète également les deux tiers des Français âgés de 45 ans et plus (66%). Ce pessimisme, encore plus marqué chez les personnes aux revenus les plus modestes, fait que nombre de situations potentielles de changement de vie sont envisagées avec appréhension. En particulier, la majorité des Français de 45 ans et plus se sentent mal préparés, d’un point de vue financier, au risque de dépendance, que ce soit pour eux-mêmes (66%) ou pour leurs proches (63%).
  • La dépendance ne représente pas qu’une inquiétude pour l’avenir, car certains sont déjà confrontés à ce problème aujourd’hui : plus d’un Français de 45 ans et plus sur 10 (11%) déclare être aujourd’hui l’aidant(e) d’une personne en situation de dépendance. Notons que la moitié des aidants déclarent consacrer du temps à cette tâche tous les jours, et que le type d’aide le plus fréquent consiste en l’accompagnement dans les démarches administratives et l’organisation de la vie quotidienne (mais le fait de prodiguer des soins concerne également 35% des aidants, l’hébergement au moins occasionnel 20% et l’aide financière 19%).

 

Une préoccupation liée à un sentiment de manque d’information et de doute sur les moyens mis en œuvre pour y faire face

  • Il y a presque unanimité sur le sujet : pour la très grande majorité des Français interrogés, la dépendance est un sujet qui devrait être prioritaire pour les pouvoirs publics (90%)… mais ceux-ci, selon eux, ne le prennent pas suffisamment en compte aujourd’hui (85%), les propositions et aides financières pour faire face à ce type de situation apparaissant globalement insatisfaisantes (84%). Il y a donc un fossé entre l’importance que représente l’enjeu de la dépendance aujourd’hui et le manque de moyens qui y sont consacrés selon les Français, d’où la forte inquiétude exprimée à ce sujet. Et les attentes sont multiples en la matière, que ce soit en termes de dispositifs d’accompagnement pour favoriser le maintien à domicile des personnes en situation de dépendance (une priorité pour 81% des Français), de développement d’infrastructures adaptées (structures d’accueil temporaire ou de jour : 61%, maisons de retraite médicalisées : 59%, logements de type « intermédiaire » adaptés aux personnes entrant en dépendance : 53%), ou d’aide… pour les aidants (56%).
  • La majorité des Français de 45 ans et plus se disent par ailleurs mal informés sur les différents sujets concernant la dépendance, notamment les solutions pour accompagner les aidants, les différentes solutions de prise en charge de la dépendance ainsi que leur coût et les solutions pour maintenir à domicile le plus longtemps possible les personnes en situation de dépendance (entre 68 et 76% se déclarent mal informés en moyenne pour chacun de ces sujets). Pour s’informer sur la question, ils font avant tout confiance aux professionnels de santé (77%), à leur entourage (76%) et aux associations (72%), devant les collectivités locales (60%) et les mutuelles (59%). En revanche, les compagnies d’assurances, les pouvoirs publics et les entreprises ne suscitent qu’un faible niveau de confiance (moins de 35%).
  • De manière générale, les Français de 45 ans et plus estiment que c’est la Sécurité sociale qui devrait contribuer en priorité au financement de la prise en charge de la dépendance (54% la citent en premier, 64% au total), devant les mutuelles (en premier : 10%, au total : 49%), et les personnes elles-mêmes via leur épargne (en premier : 12%, au total : 24%). D’ailleurs, quand on les interroge sur différentes pistes possibles pour financer la perte d’autonomie, ils privilégient nettement celle d’une prise en charge par la Sécurité sociale (57%), devant une assurance-dépendance obligatoire pour tous (33%) et une nouvelle journée de solidarité (7%).
  • Néanmoins, on note un certain décalage entre l’idéal et la réalité. S’ils souhaitent majoritairement que la Sécurité sociale prenne une large part dans le financement de la dépendance, ils semblent ne pas trop y croire, peut-être en raison des éléments d’information dont ils disposent sur le déficit de celle-ci et les faibles marges de manœuvre financières qui en découlent selon eux. Ce qui peut expliquer que, s’ils devaient financer une éventuelle situation de dépendance pour eux-mêmes ou leurs proches, ils compteraient en priorité sur leur épargne personnelle (41%), devant la Sécurité sociale (32%) et leur mutuelle (16%). On note bien sûr ici une différence importante entre les personnes plus aisées, qui misent avant tout sur leurs ressources personnelles, et les personnes les plus modestes, qui comptent davantage sur la collectivité.

 

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